Je n’aime pas Plantu. Je trouve son humour lourd et laborieux. Son dessin est surchargé de détails et il n’arrête de souligner ce dont il parle, à grand renforts d’allusions pesantes et d’indications écrites, au cas où on n’aurait pas compris (je soupçonne d’ailleurs qu’il agit ainsi en prévision de la sortie ultérieure de ses dessins en recueil, quand les lecteurs (et là le mot est juste) auront oublié le contexte, qu’il convient donc de leur rappeler par avance !).
Et puis, il y a un mécanisme qu’il emploie systématiquement, celui qui consiste à juxtaposer deux événements relevant de sphères très différentes de l’actualité. Cela peut parfois fonctionner mais, utilisé trop souvent, cela devient un procédé répétitif et mécanique, d’autant qu’il n’en sort souvent rien de vraiment significatif.
Exemple dans le numéro daté 25 septembre, où il met en parallèle le “sans parole” du mime Marceau, qui vient de mourir, avec la “parole” de L. Jospin, ce dernier n’étant pourtant pas réputé pour sa logorrhée (la comparaison avec N. Sarkozy aurait été plus exacte) ; et pour qu’on comprenne bien, Jospin tient de la main gauche un chapeau (comme celui du mime, mais neuf) muni d’une rose socialiste (pour faire pendant à la fleur du mime) et, de la main droite, étrangle une minuscule S. Royal.
De tout cela il ne sort ni rire ni réflexion…
En trois traits et deux bulles, Pessin en page 10, toujours à propos de la parole, en dit bien plus sur le fonctionnement actuel de la politique en France, poussant la virtuosité jusqu’à nous parler du Président de la République sans le montrer ni même citer son nom. Du grand art.
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