Masculin-féminin

Samedi 19 avril 2008
Même depuis que je tiens ce blog, il m’arrive encore d’écrire au Monde, bien que moins fréquemment qu’auparavant. Cela dit, tout est relatif, j’avais dû le faire une quinzaine de fois en dix ans… Mais j’ai quand même réussi à être publié à quatre reprises !
Je viens à nouveau d’envoyer un courrier au journal, sur un sujet qui ne concerne pas que lui (mais où il s’illustre), sujet que j’avais déjà évoqué sur le site de mes humeurs, plus précisément ici, il y a deux ans.
Voici le texte de ce courrier :
Le Monde obéit maintenant à cette mode politiquement correcte qui veut qu’on féminise certains noms de profession en leur ajoutant systématiquement un “e” final. Nous avons donc droit à des “professeures”, “auteures”, “écrivaines” et autres “chercheures”. Si effectivement, on admet que c’est ce “e” final qui est la marque incontournable du féminin pour les termes où les deux genres sont possibles, alors il faut, dans le respect de l’égalité des sexes, pousser cette logique jusqu’au bout, et masculiniser les termes où un tel “e” n’est pas toujours pertinent, pour écrire, s’il s’agit d’un homme, “ministr”, “journalist”, “agronom”, “géolog”, “architect”, “notair”, “secrétair”, “astronaut”, “thérapeut”, “bibliothécair”, “photograph”, “pilot”, “pédiatr”, “critiq”, qui peut, en plus, être “stagiair”, “temporair” ou “bénévol”, etc.
Autrement dit, s’il faut absolument ajouter un “e” à des mots neutres d’apparence masculine pour les féminiser, la logique voudrait alors qu’on enlève le même “e” à des mots tout aussi neutres mais d’apparence féminine (puisque terminés par un “e”) pour les masculiniser…
Je ne pense pas être publié, raison pour laquelle je le fais moi-même ici !