Redondance

Mardi 15 décembre 2009

Parmi les défauts que j’ai reproché à Plantu dans les différents billets que je lui ai consacrés, figure l’aspect redondant de sa production.
Le dessin d’aujourd’hui mardi 15 décembre est, à ce point de vue… caricatural.
Il se décompose en deux cases, toutes deux représentant un gros cube marqué s’un sigle ; dans la case de gauche, le cube est frappé du sigle UDF, dans celle de droite (et il devient alors un carton d’emballage dans lequel se recroqueville un homme barbu) il porte le sigle SDF. A droite, des élus (écharpe tricolore) tendent les bras vers lui avec des cœurs, dans l’autre des élus (sans écharpe !) s’en éloignent en courant.
Jusque là, c’est parfaitement clair. Pourquoi alors faut-il que Plantu nous trouve trop stupides pour comprendre et se sente obligé d’ajouter, au-dessus de chaque case, un commentaire explicatif : à gauche, “Le sigle UDF que tout le monde s’arrache” ; à droite : “Le sigle SDF que tout le monde se refile comme une patate chaude”. Même pas capable, en plus, de mettre ces deux textes en symétrie, avec ce “comme une patate chaude” dissonant et superflu.


Où est passé Pessin ?

Mardi 23 juin 2009

Je n’achète pas le Monde le samedi. Je refuse de payer un supplément obligatoire pour “Le Monde2“, qui ne m’intéresse pas, m’opposant ainsi à une “vente forcée”, comme le faisait d’ailleurs remarquer fort justement (et en fronçant les sourcils avec sévérité) le quotidien au moment où le Figaro lançait le “FigMag” en 1978. Ce faisant, je ne manquais vraiment qu’une chose à mon goût, le dessin de Pessin, en trois cases, à la fin…
Ce devait être également du goût d’une lectrice, car qu’ai-je trouvé en lisant par hasard chez un ami le numéro du 20 juin, dans le courrier des lecteurs, page 6 ? La question posée en titre de ce billet : “Où est passé Pessin ?” Dans un autre billet, du 4 mars dernier, je m’étonnais de la rareté croissante des dessins de l’intéressé dans les colonnes du journal, et je citais tristement un site qui laissait clairement entendre que le quotidien était en train de se débarrasser des ses principaux dessinateurs, à l’exception notable de Plantu.
Or que répond le Monde2 d’aujourd’hui à cette lectrice ? Un paragraphe lénifiant qui commence par “Rassurez-vous (…) Pessin va bien” (comme si c’était là le fond de la question), et qui continue en disant que le dessinateur a “simplement quitté le journal début mai”. Comme noyage de poisson, on fait difficilement mieux.
La réponse se termine par cette note assez ahurissante : “Ne nous en voulez pas, d’autres dessinateurs viendront bientôt ensoleiller vos week-ends”. “Ensoleiller”, comme si on pouvait réduire Pessin à cette fonction bronzante.
Tiens, une fois n’est pas coutume, j’affiche un dessin… Merci, Monsieur Pessin !

SENIOR..


“M” alors…

Jeudi 5 mars 2009

Bon, finalement, Pessin n’est pas encore parti puisqu’on peut voir un dessin de lui, en page 14 du numéro du 5 mars. Dessin qui ne restera pas parmi mes préférés, mais c’est sa patte, quand même…
Un bonheur ne venant jamais seul, le Plantu de la “Une” évite, pour une fois, le mariage supposé explosif (mais plus souvent stérile) de la carpe et du lapin, en se concentrant sur un seul sujet : de part et d’autre du mur barbelé séparant Israël de la Palestine (les drapeaux respectifs sont là pour ceux qui n’auraient pas compris) deux groupes de parachutes portent (sans que le sens de leur déplacement soit bien indiqué, mais on le devine) à gauche l’inscription “roquettes”, à droite la mention “colonies”. L’ennui c’est qu’un regard rapide permettrait de supposer que pendant que les Palestiniens balancent à leurs vis-à-vis les explosifs qui y sont suspendus, ceux-ci leur expédient… des maisons.
(Sur “M”, le “supplément mensuel”, je préfère ne pas m’étendre. J’espère que ces 56 pages de bling-bling, où le snobisme ringard va jusqu’à à faire précéder en couverture son numéro (01) du signe anglo-saxon “#” au lieu de “N°” ou “numéro”, rapportera, grâce à ses nombreuses pages de publicité de luxe, de quoi financer d’intéressantes enquêtes, de remarquables articles et d’excellents dessinateurs.
On peut rêver…)


Le Monde sans dess… Pessin

Mercredi 4 mars 2009

Je ne le voyais plus, je le croyais en vacances…
Comme ça commençait à durer, j’ai été faire un coup de surf, et je suis tombé sur cette info dans le blog d’Iconovox, page du 5 février dernier, intitulée : Un Monde sans dessins.
Ainsi Pessin ne dessine plus dans Le Monde, non plus d’ailleurs qu’un autre dessinateur que j’aimais aussi, Pancho, et que bien d’autres.
Il ne restera essentiellement que Plantu avec, en Une, son “regard” qui en est rarement un, son dessin surchargé, son humour laborieux et sa logique répétitive.
Quelle tristesse…


Une image frustrante

Mardi 3 février 2009

“Blutch, grand prix de la BD d’Angoulême”, nous annonce le titre de l’article d’Yves-Marie Labbé, en page 20 du Monde du 3 février, avec une belle image.
Je ne m’intéresse plus vraiment à la bande dessinée, je connais vaguement quelques noms et peux identifier quelques dessinateurs, mais j’avoue depuis quelques années une ignorance assez générale en la matière. Je me réjouissais donc d’en savoir un peu plus sur ce Blutch, en particulier en faisant connaissance avec son graphisme.
Patatras ! La belle image dont je parlais plus haut, c’est… une photo du scénariste-dessinateur recevant son prix (quel scoop !), mais on n’aura pas l’occasion (en tout cas pas dans le Monde) de voir ne serait-ce qu’un de ses dessins… Problèmes de droits ? Allons donc ! Des photos des modèles présentés pendant les défilés de mode ont occupé des pages entières du quotidien, la semaine dernière.


Deux dessins…

Jeudi 20 novembre 2008

Le Monde daté du vendredi 21 novembre 2008.
En haut de la “Une”, l’endroit le plus visible d’un quotidien, celui que l’on voit de loin au sommet des piles d’exemplaires, un dessin de Plantu. Le titre : “Patrons Les excès des bonus en question”. En dessous, un énorme “patron” reconnaissable à son cigare (et son noeud papillon ?), portant sur le thorax ce qu’au bout d’un moment de perplexité, on finit par reconnaître (à cause de la couleur jaunâtre) comme étant un parachute doré (il lui en échappe un autre, plus petit) et au-dessus un parapluie, marqué “Bonus” (un autre parapluie, marqué de même, s’envole également derrière lui). Ce patron participe en fait à un défilé de mode (le mot est affiché dans un cadre rouge, en haut du dessin), sous les flashes des photographes et en éparpillant sur le tapis rouge des petits ouvriers à casquette, pendant qu’une rédactrice de mode fort fardée annonce les “tendances” : “Cette année, le patron se portera sans accessoires inutiles : moins de parachutes dorés, moins de bonus, moins d’ouvriers”. Bavardage, redondance entre texte et dessin, l’habituelle technique ressassée du rapprochement de sujets a priori étrangers l’un à l’autre, et aucune signification nouvelle ne sort de tout ça.
Au milieu de la page 2, bien caché, un autre dessin. Le titre : “Effectif, par Pessin”. En-dessous, une manif, quelques silhouettes esquissées, des pancartes, vides, ou à peine lisibles : “Education”, “Des moyens pour l’école”. Derrière, rejoignant la manif, une personnage portant un enfant et une pancarte, et clamant : “Des moyens pour le service minimum”. Presque rien, mais en trois coups de crayon et une réplique à contre-pied, toute l’absurdité d’un système.


Record, suite…

Mardi 11 novembre 2008

Il y a une semaine, sous le titre “Record ?”, je notais ici la peu compréhensible infographie présentée par le Monde du 5 novembre à propos des dépenses de campagne électorale aux États-Unis et du “record” qu’aurait battu en l’occurrence Barack Obama. En particulier, je signalais que ce record, affiché dans le titre, n’apparaissait pourtant nullement dans les chiffres présentés ; je regrettais également l’affichage des seules dépenses des vainqueurs, et pas de celles des vaincus, tout aussi instructifs.
Patatras ! Voilà que je trouve dans le numéro daté d’aujourd’hui, en page 16, dans la rubrique “Rectificatifs et précisions”, un petite note qui nous apprend que les chiffres donnés concernaient en fait l’ensemble des dépenses de tous les candidats, perdants et gagnants confondus.
On n’y comprenait pas grand chose, on n’y comprend plus rien : les chiffres donnés pour Obama seul contredisaient le titre de l’infographie, maintenant qu’ils concernent tous les candidats, c’est la bouteille à l’encre… Le mystère reste entier, et en plus on ne sait toujours pas si l’argent fait le président…


Record ?

Mercredi 5 novembre 2008

“La collecte de fonds de la campagne électorale a atteint un niveau record” annonce le titre d’un article en page 5 du numéro du 5 novembre.
Au-dessus, un graphique illustré des portraits des présidents US depuis Carter, avec le montant des sommes collectées pour leurs campagnes électorales. Montants en croissance constante, justifiant bien le mot “record” sauf… le dernier. Car le vainqueur semble bien être George W. Bush, avec 880,5 millions de dollars, Barack Obama n’étant crédité que de 639 millions. Mais le corps de l’article, comme le titre, parle du “niveau sans précédent des fonds réunis par Barack Obama”.
Il y a là peut-être quelque chose que je ne comprends pas, mais c’est que Le Monde, comme souvent avec ses graphiques, me l’a mal expliqué…
Je regrette d’ailleurs que le graphique en question ne nous donne que les collectes des vainqueurs, et pas celles des vaincus. On aurait pu ainsi vérifier si, oui ou non, l’argent fait le président…


Crises

Dimanche 12 octobre 2008
Intéressant dossier dans Le Monde de dimanche (12-13 octobre) sur “Un siècle de crises bancaires”. Intéressant, mais non exempt des habituelles inexactitudes et erreurs.
Le plus visible d’entre elles concerne, en page III, un dessin humoristique, tiré du New-Yorker du 6 octobre. On y voit un petit homme à imperméable et attaché-case, sur le point de traverser une rue, et pas n’importe laquelle puisqu’un panneau au-dessus de lui nous dit : “Wall St”. Un autre panneau indique que la rue est à sens unique (“One way”). Détail, ce panneau a subi une rotation d’un quart de tour et est tourné vers le sol (semble-t-il d’ailleurs vers une grille d’égout !), donnant un sens bien ironique à l’inscription qu’il porte : “One Way”.
Mais Le Monde ne trouve pas mieux que de légender le tout ainsi : “«Wall street vers le bas» pointe le panneau à sens unique” alors qu’il aurait été si simple et bien plus exact et efficace d’écrire : “«Sens unique» indique le panneau tourné vers le bas”.

Dans le même numéro, Véronique Maurus dans sa rubrique hebdomadaire “Dialogues”, page 14, répond aux lecteurs qui ont réagi au “plantage” du 29 septembre, quand le journal titrait sur “l’adoption” du plan Paulson, lequel non seulement n’était pas adopté mais était sur le point d’être retoqué par le Congrès. Elle cite un lecteur qui suggère de rebaptiser sa fonction “justificateur (…) au lieu de médiateur”, remarque fort pertinente, à quoi elle répond qu’il y a malentendu, qu’elle joue plutôt un rôle d’arbitre. On se demande en fait quel rôle exact elle joue, puisqu’elle n’explique même pas l’origine de l’erreur dénoncée par les lecteurs, se contentant de rappeler longuement un précédent de même nature à propos de l’annonce erronée d’une dévaluation en… novembre 1968.
   

Toujours dans le même numéro, et toujours à propos de la crise, Jérôme Poirier page 9 termine son article “Les petits actionnaires sont déboussolés par leurs pertes” avec un très beau barbarisme : “La part des actions dans le patrimoine des français (…) n’est pas prête de remonter.”
Aïe !

Un bon graphique…

Vendredi 25 juillet 2008

Le Monde a toujours eu des problèmes avec la représentation graphique. Le numéro du 25 juillet en offre deux exemples…
“Renault supprime 5 000 emplois en Europe”, lit-on en “Une”. On apprend en effet que “face à des difficultés inédites” (bizarre formulation, mais peut-être vient-elle de la firme) l’entreprise a révisé ses objectifs de vente pour 2009, qui passent de 3,3 millions de véhicules à 3 millions. Information claire, simple, et facile à comprendre. Mais la rédaction ne devait pas être de cet avis, et elle a donc jugé indispensable de l’accompagner d’un petit graphique (dont la source est : “société”) titré “Des objectifs non atteints” (alors même que l’échéance n’est pas encore arrivée) et qui montre effectivement une courbe pointillée (“Objectifs initiaux”) culminant à 3,3 et une courbe continue (“Objectifs révisés”) dont le maximum est à 3. Merci, mais c’est complètement inutile, et n’apportant rien, même pas la visualisation d’une situation complexe…
Dans le même numéro, page 7, un article de Laurent Zecchini est titré : “L’est de la France frappé par les restructurations militaires”. En fait, et le corps de l’article le confirme, il s’agit plutôt de l’est et du nord, à quoi j’ajouterai la région parisienne. Une carte (“source : Le Monde“) qui accompagne l’article l’illustre d’ailleurs très clairement. Là où cette carte est moins claire, en revanche, c’est dans la chronologie : des petits carrés symbolisant les “sites ayant un effectif supérieur à 250 hommes, fermés ou transférés” sont colorés différemment selon que les mesures interviendront en 2009, 2010 ou à partir de 2011. C’est le jaune qui a été choisi pour cette dernière échéance. Pour les deux premières, il s’agit de deux rouges tellement indistincts qu’on pourrait croire qu’il n’y en a qu’un. En tous cas, impossible de faire la part sur cette carte de ce qui est prévu pour 2009 ou pour 2010.