“Les députés”

Mercredi 18 novembre 2009

Titre en Une du Monde daté du 18 novembre : « Les députés vont durcir la loi sur la rétention de sûreté ». L’article commence : « Les députés s’apprêtent à durcir encore… » Titre correspondant de la page 12 : « Loi sur la récidive : les députés veulent étendre la surveillance de sûreté » On trouve encore ailleurs dans le corps de l’article cette référence collective. Dans l’ensemble du texte, deux occurrences seulement du terme “Assemblée Nationale”.
Car, qu’on le sache, ce projet ne va pas être adopté par tous les députés, mais par l’Assemblée en tant que telle, via sa majorité, et certainement pas par les élus de l’opposition. D’ailleurs Le Monde ne dit pas un mot de la position de ceux-ci. Il faut aller ailleurs pour apprendre que PS tout autant que PC et les Verts sont opposés à ce projet.
Il aurait été plus juste de parler des “députés de la majorité”.


Nez pincé…

Mercredi 11 novembre 2009

Une page entière, la page 21 de ce numéro daté du 11 novembre, est consacrée à l’écrivain Bernard Werber.
Béatrice Gurrey l’a interviewé dans son appartement “neuf et nu”, et nous parle de sa méthode de travail, de ses diverses activités et surtout de ses surabondants tirages.
Jusque là tout va bien, sinon qu’on ne saura rien de ce qu’il écrit, à part quelques éléments de son dernier livre. Seule allusion, ô combien méprisante : ” Évidemment, ceux qui apprécient Huysmans, Claudel ou Gracq peuvent passer leur chemin “. D’ailleurs, pourquoi ceux-là particulièrement ? On ne sait. En tout cas, il y a quelque chose qui traverse presque toute l’oeuvre de BW, d’une manière toute personnelle mais indéniable, c’est la science-fiction.
Mais, silence : le mot interdit ne sera pas prononcé.Suite à des commentaires, j’ajoute que cette interview était plutôt un compte-rendu de rencontre avec quelques citations et que, s’il n’y est pas parlé de SF, c’est que la journaliste n’est jamais venue sur ce terrain. Ce n’est donc pas l’auteur qui est en cause.
On peut lire l’article ici.


Débat ?

Jeudi 8 octobre 2009

En page 10 du numéro d’aujourd’hui, un entretien avec le sociologue Éric Maurin, auteur du livre La Peur du déclassement (“Un livre décapant et passionnant”, écrivent les interviewers, Luc Bronner et Catherine Rollot) sous le titre : « Toute réforme sera perçue comme une remise en cause d’un statut acquis ».
L’interviewé insiste sur la dichotomie, pour lui essentielle, entre les catégories “protégées” et celles qui ne le sont pas.
Quatre personnalités ont été appelées pour présenter leur “regard” sur l’ouvrage : la représentante du patronat, un syndicaliste, deux politiques (un de l’UMP, et un du PS). Une grande diversité, donc. Et ces “regards” sont contrastés. Sauf qu’aucun d’entre eux ne remet en cause le fait que le clivage passerait entre diverses couches de la population dont certaines seraient protégées, donc favorisées, essentiellement entre les salariés à statut (principalement les fonctionnaires) et les autres, tarte à la crème du politiquement correct de ces dernières années.
On ne s’étonnera pas de trouver Mme Parisot et M. Bertrand dans ces avis convergents. On ne s’étonnera pas non plus, hélas, d’y trouver aussi François Chérèque et Manuel Valls, ce dernier semblant être le plus enthousiaste.
Le Monde n’a pas jugé utile d’ouvrir un peu l’éventail de ces “regards” vraiment très consensuels…


Manifs…

Mardi 7 avril 2009

Vu dans le Monde d’aujourd’hui, page 9, un entrefilet à propos de la manifestation syndicale du 4 avril à Rome : 200 000 manifestants selon la police, 2,7 millions selon la CGIL. Un écart de 1 à 13 !
Il devrait quand même être possible d’être un peu plus précis. Je veux bien que les organisateurs poussent les chiffres, que les pouvoirs publics les minimisent, mais que font les journalistes ?
Et le quotidien donne l’information (si l’on peut appeler ça ainsi) sans sourciller autrement…


On nous cache tout !

Mercredi 18 mars 2009

Le “Carnet” du numéro du 18 mars note :

Bernard d’Espagnat, 87 ans, physicien et philosophe des sciences mondialement connu pour ses travaux sur les enjeux philosophiques de la mécanique quantique, est le lauréat du prix Templeton 2009 doté de 1 million de livres sterling (1,08 million d’euros). Décerné par la fondation éponyme, ce prix récompense “les découvertes majeures qui modifient notre perception du vivant”.

Voilà une information intéressante, mais peut-être est-elle quelque peu incomplète… Cette idée de “modifier notre perception du vivant” m’a mis la puce à l’oreille, et j’ai été y voir d’un peu plus près. Eh bien, cette fondation Templeton est une richissime institution (avez-vous vu le montant du prix ? À peu près autant que le Nobel) qui a, entre autres, financé une étude fort sérieusement organisée (en double aveugle et tout !) pour savoir si la prière pouvait avoir une influence sur la guérison de graves malades du coeur… Plus généralement elle s’occupe des rapports entre science et religion, et a été à plusieurs reprises soupçonnée de favoriser des thèses proches de celles du “dessein intelligent”. Bon, chacun son truc, mais Le Monde aurait pu nous en dire un peu plus, là…

Tiens, sauf erreur de ma part (et erreur du moteur de recherche du monde.fr), le même “Carnet” n’a pas dit un mot de la disparition, fin février, d’un des plus grands écrivains de science-fiction des années soixante et soixante-dix, Philip Jose Farmer.

Je rajoute ce même jour un mot à ce billet : ma correspondante favorite me signale que le Monde vient enfin de parler de la mort de Farmer… Trois semaines après, ce n’est pas trop tôt ! Une nécrologie assez brève, d’ailleurs, comparée à celles d’illustres inconnus que j’ai vus passer récemment.


L’actualité nous contraint à réduire…

Mardi 4 novembre 2008

La rubrique “Les films de la semaine” résume de manière très pratique, dans le numéro du mercredi, les critiques hebdomadaires du Monde en matière de cinéma. Celle du 5 novembre, en page 25, présente cependant une particularité étonnante : elle rappelle les cinq films présentés en pages 23, 24 et 25, mais aussi cinq autres films, qui n’y figurent pas ! Où les trouver ? Eh bien “sur www.lemonde.fr” ! Pourquoi ne sont-elles pas imprimées ? Parce que “l’actualité nous contraint à réduire la présentation des sorties du 5 novembre.”
On ne sait d’ailleurs s’il s’agit de l’actualité cinématographique, effectivement abondante, ou de l’actualité en général, encore que ce numéro soit paru la veille de celui consacré aux résultats des élections aux USA… En tout cas l’actualité (“L’abondance des matières” disait-on jadis) a bon dos.
Quels sont ces films ? Un passage sur le Web permet (pas très commodément, d’ailleurs) de les retrouver :
- “Septième ciel”. Film allemand d’Andreas Dresen avec Ursula Werner, Horst Rehberg, Horst Westphal. Critique de Jean-Luc Douin. “L’avis du Monde : à voir”
- “Les Enfants sont partis”. Film argentin de Daniel Burman avec Oscar Martinez, Cecilia Roth, Arturo Goetz. Critique de Thomas Sotinel. “L’avis du Monde : à voir”
- “Saw 5″. Film américain de David Hackl avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Scott Patterson. Critique d’Isabelle Regnier. “L’avis du Monde : on peut éviter”
- “Pleine Lune”. Cinq films d’animation réalisés par Bruno Collet, Emmanuelle Gorgiard et Laurent Gorgiard. (0 h 50.). Critique d’Isabelle Regnier (qui d’ailleurs se contente d’un résumé ultra-rapide des dits films). “L’avis du Monde : on peut éviter”
- “Mon espion préféré”. Film américain de George Gallo avec Meg Ryan, Antonio Banderas, Colin Hanks. Critique de Jean-Luc Douin. “L’avis du Monde : on peut éviter”
Donc, quand même, deux films “à voir”… En parcourant ce numéro, je trouve sans beaucoup chercher plusieurs articles qui auraient pu sans dommage laisser de la place pour les (assez brèves) critiques de ces deux films telles qu’affichées sur le net, par exemple en page 26 l’article consacré à une vente aux enchères de nounours ou, en pages 18-19, le dossier, un peu léger parfois, sur Montpellier.
Sans parler de ceux (il y en a) qui ne disposent pas d’Internet, on se demande aussi parfois pourquoi la version papier du journal continue à exister…


La vie brève (suite…)

Samedi 18 octobre 2008

J’ai déjà parlé ici (21/10/07, 09/11/2007, 20/03/08) des nécrologies du Monde, en particulier des chronologies très succinctes qui accompagnent chacune d’elles. Le numéro du 18 octobre m’offre une nouvelle occasion de le faire…
Une colonne est consacrée à William Claxton, photographe spécialisé dans le jazz. Voici, intégralement, la chronologie qui l’accompagne :

12 octobre 1927 Naissance à Pasadena (Californie)
11 octobre 2008 Mort à Los Angeles (Californie)

On ne peut guère faire moins, ni moins informatif…
Je note que le quotidien nous donne de plus en plus de nécrologies de plus en plus longues de personnages de plus en plus inconnus.


Touche pas à mon journal ?

Mardi 7 octobre 2008

La médiatrice, Véronique Maurus, dans le numéro des 5-6 octobre, titre sa rubrique hebdomadaire “Dialogues”, p. 17 : “Touche pas à mes jeux”. Elle y répond aux lecteurs qui se sont plaints du rétrécissement de la rubrique météo et radio-télé, ainsi que de la disparition de certains jeux dans les pages qui étaient consacrées à ces sujets (généralement, l’antépénultième et l’avant-dernière, et non pas, comme elle l’écrit, de manière assez ridicule, les “deux avant-dernières” !).
Enfin, répond, si l’on peut dire…
Car elle se contente de reproduire certains de ces courriers et, suivant un procédé maintenant très répandu, de fustiger gentiment ceux qui sont rétifs au changement (“Malheur à qui bouleverse un pli si bien pris !” “Les reproches pleuvent après chaque changement”).
Quant à l’explication de ces modifications, elle reconnaît que l’encadré les expliquant le 22 septembre par “des raisons de place” était “assez sec”, mais elle-même ne fait pas mieux, se contentant de dire : “Pour faire place [aux pages] Planète” ! Donc aucune raison liée au contenu même de ces rubriques, répondant aux arguments avancés par les lecteurs.
Je ne peux que rappeler mon billet du 25 septembre où je déplorais l’espace grandissant réservé dans le journal à des photos le plus souvent sans grand intérêt au détriment du contenu éditorial. Je n’avais pas remarqué la modification que déplorent ces lecteurs, mais elle relève de la même logique…


Biographie express

Samedi 12 juillet 2008

Les biographies express du Monde sont toujours aussi bizarres.
Celle du vendredi 11 juillet nous raconte, page 3, la carrière de Patrick Poivre d’Arvor. On y apprend qu’à 15 ans, “il est le père d’une fille, Dorothée” (on se demande ce que ce ragot personnel digne de Gala fait ici), et qu’il “obtient son baccalauréat”, dont on peut donc croire que c’est son seul diplôme, alors qu’en fait il est passé ensuite par l’IEP, l’école des Langues orientales et le Centre de formation des journalistes. En revanche, on ne nous dit rien du fait qu’il est en 1971 lauréat du concours « Envoyé spécial » de France-Inter. On ne nous dit pas non plus que c’est un militant giscardien actif, ni que c’est au moment de l’arrivée de Giscard au pouvoir qu’il devient chef du service de politique intérieure à Antenne2.


Grève au Monde

Jeudi 17 avril 2008

On annonce une nouvelle grève au Monde pour jeudi. La direction paraît camper fermement sur ses positions : licenciements, vente d’actifs de presse. Son insistance à refuser la revendication de départs sur une base volontaire montre-t-elle le désir de viser certaines têtes ? On peut se poser la question…
On peut s’interroger aussi sur le discrétion qui règne, des deux côtés, à propos du Monde interactif, dont on dit qu’il est bénéficiaire (et dont Lagardère posséderait 35% alors qu’il n’a que 16% du journal). Le site, quant à lui a, d’après Arrêt sur Images, continué à “être régulièrement mis à jour”.
On peut enfin s’étonner du silence étourdissant de la “Société des lecteurs du Monde”. Sa page Web (http://sdllemonde.fr/) présente paisiblement le nouveau site pour 2008 ; la dernière Lettre de la SDL affichée date du… 6 décembre dernier, la rubrique “Evénements” propose des activités culturelle et une… visite guidée du journal, et la date affichée en haut à gauche semble bien être toujours la date du jour de consultation, ce qui n’est pas très éclairant…
Alors, que font les lecteurs ?