La mère de Houellebecq

mercredi 30 avril 2008

En première page du Monde paru ce 30 avril, sur la colonne de gauche, ce titre : « La mère de Houellebecq n’était pas morte ». Suit un article qui se continue sur l’intégralité de la page 3, et où Florence Noiville nous explique que, contrairement à ce que l’écrivain avait annoncé dans une interview aux Inrocks (hélas non référencée), sa maman est toujours en vie. Je n’irai pas plus loin dans le résumé car, comme on peut s’en douter, tout ceci ne présente pas grand intérêt. On est donc stupéfait de trouver cette information en haut de la « Une ».
Si quand même, on apprend quelque chose : la dite maman est qualifiée, à 83 ans, de « néo-soixante-huitarde »… Comprend qui peut !

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Bulles de champagne (suite…)

dimanche 20 avril 2008

Il y a une dizaine de jours, je publiais ici même un billet signalant une nouvelle unité de superficie utilisée par Le Monde, l’arrhe.
Le numéro daté 20-21 avril vient enfin de corriger cette innovation, en page 15, rubrique « Rectificatifs et précisions » :
« Champagne. Contrairement à ce que nous avons écrit dans l’article titré « Adieu, le champagne ? Bon débarras » en « Page 3 » (Le Monde du 11 avril), la surface d’un terrain ne s’exprime pas en « arrhes », mais en « ares ». Les « arrhes » étant une somme d’argent donnée au moment de la conclusion, d’une promesse de vente, d’achat ». »
Ce qui est amusant dans ce rectificatif, c’est qu’il ne se présente pas comme la correction d’une erreur, mais comme la rectification d’une information finalement erronée, mais qui aurait pu être correcte, la preuve étant qu’on se sent obligé de nous expliquer ce que nous savions déjà, à savoir la signification de ce terme pour le moins mal utilisé…


Masculin-féminin

samedi 19 avril 2008
Même depuis que je tiens ce blog, il m’arrive encore d’écrire au Monde, bien que moins fréquemment qu’auparavant. Cela dit, tout est relatif, j’avais dû le faire une quinzaine de fois en dix ans… Mais j’ai quand même réussi à être publié à quatre reprises !
Je viens à nouveau d’envoyer un courrier au journal, sur un sujet qui ne concerne pas que lui (mais où il s’illustre), sujet que j’avais déjà évoqué sur le site de mes humeurs, plus précisément ici, il y a deux ans.
Voici le texte de ce courrier :
Le Monde obéit maintenant à cette mode politiquement correcte qui veut qu’on féminise certains noms de profession en leur ajoutant systématiquement un « e » final. Nous avons donc droit à des « professeures », « auteures », « écrivaines » et autres « chercheures ». Si effectivement, on admet que c’est ce « e » final qui est la marque incontournable du féminin pour les termes où les deux genres sont possibles, alors il faut, dans le respect de l’égalité des sexes, pousser cette logique jusqu’au bout, et masculiniser les termes où un tel « e » n’est pas toujours pertinent, pour écrire, s’il s’agit d’un homme, « ministr », « journalist », « agronom », « géolog », « architect », « notair », « secrétair », « astronaut », « thérapeut », « bibliothécair », « photograph », « pilot », « pédiatr », « critiq », qui peut, en plus, être « stagiair », « temporair » ou « bénévol », etc.
Autrement dit, s’il faut absolument ajouter un « e » à des mots neutres d’apparence masculine pour les féminiser, la logique voudrait alors qu’on enlève le même « e » à des mots tout aussi neutres mais d’apparence féminine (puisque terminés par un « e ») pour les masculiniser…
Je ne pense pas être publié, raison pour laquelle je le fais moi-même ici !

Grève au Monde

jeudi 17 avril 2008

On annonce une nouvelle grève au Monde pour jeudi. La direction paraît camper fermement sur ses positions : licenciements, vente d’actifs de presse. Son insistance à refuser la revendication de départs sur une base volontaire montre-t-elle le désir de viser certaines têtes ? On peut se poser la question…
On peut s’interroger aussi sur le discrétion qui règne, des deux côtés, à propos du Monde interactif, dont on dit qu’il est bénéficiaire (et dont Lagardère posséderait 35% alors qu’il n’a que 16% du journal). Le site, quant à lui a, d’après Arrêt sur Images, continué à « être régulièrement mis à jour ».
On peut enfin s’étonner du silence étourdissant de la « Société des lecteurs du Monde ». Sa page Web (http://sdllemonde.fr/) présente paisiblement le nouveau site pour 2008 ; la dernière Lettre de la SDL affichée date du… 6 décembre dernier, la rubrique « Evénements » propose des activités culturelle et une… visite guidée du journal, et la date affichée en haut à gauche semble bien être toujours la date du jour de consultation, ce qui n’est pas très éclairant…
Alors, que font les lecteurs ?


Bulles de Champagne

jeudi 10 avril 2008

En page 3 du Monde du 11 avril, un article de Laetita Clavreul à propos du futur réaménagement de l’AOC Champagne a dû faire bien rire du côté de Reims, d’Epernay, et d’Orbais-l’Abbaye.
Il concentre d’abord plusieurs de ces verbes déclaratifs dont je suis friand : « «Je suis contente que mon mari ne voie pas ça», explique » une villageoise, en une phrase qui n’explique rien. « «Pour huit, ça nous rapporte 870 euros en dix jours (…), ce n’est pas rien», relate » une serveuse, sans rien relater.
Ensuite, il fait usage de ce fameux verbe « intégrer » qui revêt deux significations parfaitement inverses, et sur lequel il faudra que je revienne un jour.
Enfin et surtout, cerise sur le gâteau, Laetita Clavreul présente une nouvelle unité de superficie, non prévue par le système métrique : l’arrhe ! Le terme est employé deux fois dans le corps de l’article, et est repris tel quel dans la légende de la photo. Cette nouveauté terminologique ne se justifie même pas par une taille différente de l’are, ce qui n’explique donc pas pourquoi elle nous parle par ailleurs d’hectares et non d’hectarrhes ; on apprend en effet à propos d’un agriculteur que « cette parcelle de 1,3 hectare (…) représente les deux tiers de son bien, constitué en plus de 70 arrhes ». Les arrhes semblent donc bien correspondre à des ares !


La fête…

jeudi 10 avril 2008

Un titre en couverture du Monde « Argent! » des 6-7 avril : « La fête est finie ». De quelle fin de fête s’agit-il ? Eh bien, on l’apprend en lisant les cinq pages qui sont ensuite consacrées au phénomène : tout simplement, de celle de l’immobilier. Ainsi, les prix exorbitants des logements, les difficultés à se loger, les endettements à long terme, l’exil vers des banlieues lointaines mais moins onéreuses, tout cela, c’était « la fête »…
Dans quel Monde vivons-nous ?


Communautés toujours…

mercredi 2 avril 2008

J’écrivais dans un billet du 21 février : «Quand plus de deux individus ont un point commun, on en fait une “communauté”», en commentaire d’un article de Stéphanie Le Bras. Cette journaliste aime décidément le terme.
Dans le numéro daté du 2 avril, page 3, elle signe un article titré : « De la mosquée à l’église, une route solitaire » traitant des conversions au christianisme de « français musulmans » (les musulmans non français ne se convertissent-ils donc jamais ?). On y trouve à deux reprises le terme « communauté » :
« Comme d’autres communautés, les Français de culture musulmane, croyants ou agnostiques (…) sont confrontés… ». Un groupe d’individus, à la fois marqués par une particularité (« français de culture musulmane ») mais en même temps diversifiés (« croyants ou agnostiques ») ne peuvent évidemment constituer, dans son esprit, qu’une communauté (parmi d' »autres communautés », cela va de soi).
Le second exemple, elle semble l’assumer pleinement, bien qu’il ne soit pas de sa plume : on ne sait d’ailleurs à qui il faut l’attribuer, puisque il vient en italiques dans le corps du texte sans qu’un source soit notée, sinon que la citation qui suit immédiatement est mise dans la bouche d’un certain « pasteur Oujibou », appartenant sans doute à une des communautés (là, c’est moi qui emploie le terme !) « évangéliques et charismatiques ». Bref, ces groupes religieux attirent des croyants « en quête de nouvelles communautés ». Bigre, maintenant on change de religion non pas par conviction intime, mais pour en quelque sorte changer de copains… 
J’ajoute que Jean-Luc Douin, en page 24 du même numéro, n’est pas en reste : dans sa critique du film Délivrez-nous du mal, il écrit que le personnage principal, un prêtre, « s’est comporté comme un prédateur sexuel à l’égard des enfants de la communauté catholique de ses paroisses ». « à l’égard des enfants de ses paroisses catholiques » aurait suffi, mais on a l’impression que l’emploi du terme « communauté » est devenu incontournable. Je rajoute ceci une semaine plus tard : dans un article du 8 avril, p. 21, Sylvain Siclier et Clément Sirdey citent sans sourciller l’auteur d’un ouvrage sur le Disco, Tim Lawrence : « Le disco a été lancé aux Etats-Unis au sein de la communauté gay et noire, en incluant les femmes ». Bigre, ça se complique !