Une tâche qui fait tache…

lundi 26 mai 2008

« Le mouvement des pêcheurs français fait tâche d’huile en Europe » titre Le Monde.fr le 26 mai à 16h37, mise à jour de 17h08. L’édition papier ne souffle mot de cette laborieuse lubrification. Tache d’huile évoquerait peut-être un peu trop une marée noire, mais s’agissant d’halieutique, la tâche d’huile ferait-elle allusion au travail sur le foie de morue ?
On s’interroge. On s’interroge en fait sur la… tâche des correcteurs…
Ceux-ci ont dû finir par accomplir celle-là, car la mise à jour de 19h21 est titrée : « Des pêcheurs de quatre pays européens appellent à une grève illimitée » : plus de tâche, ni de tache.


Perles de milieu de semaine…

jeudi 22 mai 2008

Quelques petites perles dans un numéro ordinaire de milieu de semaine, daté jeudi 22 mai.
En page 24, d’anciens présidents de la Commission européenne, premiers ministres, ministres des finances, tous personnalités éminentes, signent un long texte dont je ne sais s’il a des versions dans d’autres langues (je crois plutôt que l’original est en anglais), mais dont le texte français, mal relu, nous offre, successivement, un joli solécisme (« Nous avions été mis en garde des dangers de cette situation ») ; une formule bancale (un « fossé » a été « mis en avant » (opération assez étrange) par un rapport de la banque d’Angleterre) ; une autre formule, presque incompréhensible (« éviter que la prise de risques inconsidérés ne soit encouragée sans une certaine prudence ») ; une maladresse (« L’inégalité croissante de revenus s’est produite parallèlement »). Quand on pense par ailleurs que tous ces braves gens étaient aux manettes quand les situations dangereuses qu’ils dénoncent se sont mis en place…
Moins gravement, page 27, une colonne sur Diégo Maradonna nous décrit ses tatouages, parmi lesquels une « croix catholique ». J’aimerais que les auteurs de l’article, Clara Georges et Michel Guerrin, nous décrivent ce que serait une croix protestante…


Différence des indécis

jeudi 15 mai 2008

Derniers mots du sous-titre d’un article du numéro du 15 mai, page 7, intitulé « Seul pays à ratifier le traité de Lisbonne par referendum, l’Irlande se perd en états d’âme. Le vote a été fixé au 12 juin. Malgré le rôle-clé de l’UE dans le «miracle irlandais», les indécis feront la différence« .
Braves indécis, sujets aux « états d’âme », qui ne savent pas encore ce qu’ils vont voter, et dont la responsabilité est d’autant plus lourde à porter qu’ils « feront la différence ». En gros, la décision sera prise par ceux qui ne se sont pas décidés. On se demande ce que peut bien vouloir dire une telle phrase.
On se le demande encore plus quand, à la question « Comment expliquer dans ces conditions le nombre d’indécis ? » la réponse immédiate de l’article est : « Le camp du non s’appuie pêle-mêle sur… » : indécis ou opposants ?
Sauf à noter dans ce titre (et d’ailleurs dans le corps de l’article, signé Marc Roche) plusieurs points : une crainte que les Irlandais, imprudemment invités à se prononcer eux-mêmes, ne fasse mauvais usage de cette responsabilité, qu’ils ne voient pas le lien entre d’une part le traité de Lisbonne (projet pour le futur) et d’autre part « tout ce [qu’ils] doivent à l’Europe pour leur réussite économique » (constat du passé) et qu’ils risquent de céder aux « anti-européens », encore une fois confondus avec ceux qui voudraient un autre choix pour, précisément, l’Europe…