Défense de lire

Bienvenue sur notre Planète tambourine (après tout, j’ai bien le droit, moi aussi, d’utiliser un verbe déclaratif !) Éric Fottorino en Une du 24 septembre, dans un éditorial survitaminé, quelque peu xyloglotte et parfois prudhommesque (des « piliers » « pertinents », « regarder l’actualité autrement », « innover est la meilleure façon de rester soi-même ») pour annoncer les nouvelles pages « Planète » (qui expliquent sans doute pourquoi le « O » du titre du journal s’est transformé en photo de la Terre).
Pages Planète, fort bien. Mais ce qui me frappe surtout, dans ce numéro (et les deux suivants) c’est l’hypertrophie photographique, malgré le projet fottorinesque : « une expérience de lecture différente ». J’ai déjà ici même marqué à de nombreuses reprises à quel point les photos dans le journal pouvaient être redondantes, ou inutiles, mais là, les records sont battus.
Ce numéro présente une image (un « poster ») couvrant l’intégralité (sauf une brève légende en bas) de la double page du cahier central. Certes, elle est étonnante, certes elle est de Yann Arthus Bertrand mais que fait-elle là, sinon prendre la place d’une explication plus précise et argumentée du problème qu’elle évoque ? Plus loin (pp. 18 et 19), une autre double page présente les effets de la crise financière dans quatre places boursières. Cette autre double page est occupée, pour une bonne moitié, par quatre photos des salles de marchés de ces quatre bourses, photos strictement sans intérêt, fort semblables, et parfaitement ininformatives (néologisme créé spécialement par moi pour les photos du journal !).
Dans le numéro du lendemain 25/09, un article aux pages 20 et 21 (Virginie Malingre) décrit « La fin de l’âge d’or » de la finance à New-York. Deux pages donc, mais plus de la moitié occupée par une seule énorme photo représentant ce qui pourrait être un jeune banquier, seul dans une rue, sans doute dans le quartier de Wall Street.
Le numéro du 26 calme un peu le jeu, même si deux pages sont occupées à 50% par des images. L’une de ces pages présente (p. 21, Isabelle Mandraud) les témoignages de quatre personnes qui ont demandé à consulter leur fiche aux RG ; elle est accompagné d’un imposant montage photo (Jessy Deshais) présentant les portraits de ces quatre personnes, iconographie utile, mais qui aurait pu être moins envahissante et, par exemple, laisser la place pour un cinquième témoignage (et un cinquième portrait)…
Quant à l’autre photo, elle est également utile, puisqu’il s’agit de celle d’un modèle présenté aux collections de haute couture de Milan. Mais là aussi, la page (p. 22, Véronique Lorelle) est occupée à près de 60% par une seule image et peut-être que plusieurs clichés plus petits auraient permis de se faire une idée plus large du sujet…
Je ne dirai rien de la dernière page, occupée toute entière par une… photo publicitaire d’un fabricant de prêt-à-porter de luxe…
Je croyais que Le Monde 2 était fait pour ça ! En tout cas, ça fait autant de moins à lire dans Le Monde quotidien…

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