Deux dessins…

jeudi 20 novembre 2008

Le Monde daté du vendredi 21 novembre 2008.
En haut de la « Une », l’endroit le plus visible d’un quotidien, celui que l’on voit de loin au sommet des piles d’exemplaires, un dessin de Plantu. Le titre : « Patrons Les excès des bonus en question ». En dessous, un énorme « patron » reconnaissable à son cigare (et son noeud papillon ?), portant sur le thorax ce qu’au bout d’un moment de perplexité, on finit par reconnaître (à cause de la couleur jaunâtre) comme étant un parachute doré (il lui en échappe un autre, plus petit) et au-dessus un parapluie, marqué « Bonus » (un autre parapluie, marqué de même, s’envole également derrière lui). Ce patron participe en fait à un défilé de mode (le mot est affiché dans un cadre rouge, en haut du dessin), sous les flashes des photographes et en éparpillant sur le tapis rouge des petits ouvriers à casquette, pendant qu’une rédactrice de mode fort fardée annonce les « tendances » : « Cette année, le patron se portera sans accessoires inutiles : moins de parachutes dorés, moins de bonus, moins d’ouvriers ». Bavardage, redondance entre texte et dessin, l’habituelle technique ressassée du rapprochement de sujets a priori étrangers l’un à l’autre, et aucune signification nouvelle ne sort de tout ça.
Au milieu de la page 2, bien caché, un autre dessin. Le titre : « Effectif, par Pessin ». En-dessous, une manif, quelques silhouettes esquissées, des pancartes, vides, ou à peine lisibles : « Education », « Des moyens pour l’école ». Derrière, rejoignant la manif, une personnage portant un enfant et une pancarte, et clamant : « Des moyens pour le service minimum ». Presque rien, mais en trois coups de crayon et une réplique à contre-pied, toute l’absurdité d’un système.


Record, suite…

mardi 11 novembre 2008

Il y a une semaine, sous le titre « Record ? », je notais ici la peu compréhensible infographie présentée par le Monde du 5 novembre à propos des dépenses de campagne électorale aux États-Unis et du « record » qu’aurait battu en l’occurrence Barack Obama. En particulier, je signalais que ce record, affiché dans le titre, n’apparaissait pourtant nullement dans les chiffres présentés ; je regrettais également l’affichage des seules dépenses des vainqueurs, et pas de celles des vaincus, tout aussi instructifs.
Patatras ! Voilà que je trouve dans le numéro daté d’aujourd’hui, en page 16, dans la rubrique « Rectificatifs et précisions », un petite note qui nous apprend que les chiffres donnés concernaient en fait l’ensemble des dépenses de tous les candidats, perdants et gagnants confondus.
On n’y comprenait pas grand chose, on n’y comprend plus rien : les chiffres donnés pour Obama seul contredisaient le titre de l’infographie, maintenant qu’ils concernent tous les candidats, c’est la bouteille à l’encre… Le mystère reste entier, et en plus on ne sait toujours pas si l’argent fait le président…


Record ?

mercredi 5 novembre 2008

« La collecte de fonds de la campagne électorale a atteint un niveau record » annonce le titre d’un article en page 5 du numéro du 5 novembre.
Au-dessus, un graphique illustré des portraits des présidents US depuis Carter, avec le montant des sommes collectées pour leurs campagnes électorales. Montants en croissance constante, justifiant bien le mot « record » sauf… le dernier. Car le vainqueur semble bien être George W. Bush, avec 880,5 millions de dollars, Barack Obama n’étant crédité que de 639 millions. Mais le corps de l’article, comme le titre, parle du « niveau sans précédent des fonds réunis par Barack Obama ».
Il y a là peut-être quelque chose que je ne comprends pas, mais c’est que Le Monde, comme souvent avec ses graphiques, me l’a mal expliqué…
Je regrette d’ailleurs que le graphique en question ne nous donne que les collectes des vainqueurs, et pas celles des vaincus. On aurait pu ainsi vérifier si, oui ou non, l’argent fait le président…


L’actualité nous contraint à réduire…

mardi 4 novembre 2008

La rubrique « Les films de la semaine » résume de manière très pratique, dans le numéro du mercredi, les critiques hebdomadaires du Monde en matière de cinéma. Celle du 5 novembre, en page 25, présente cependant une particularité étonnante : elle rappelle les cinq films présentés en pages 23, 24 et 25, mais aussi cinq autres films, qui n’y figurent pas ! Où les trouver ? Eh bien « sur http://www.lemonde.fr » ! Pourquoi ne sont-elles pas imprimées ? Parce que « l’actualité nous contraint à réduire la présentation des sorties du 5 novembre. »
On ne sait d’ailleurs s’il s’agit de l’actualité cinématographique, effectivement abondante, ou de l’actualité en général, encore que ce numéro soit paru la veille de celui consacré aux résultats des élections aux USA… En tout cas l’actualité (« L’abondance des matières » disait-on jadis) a bon dos.
Quels sont ces films ? Un passage sur le Web permet (pas très commodément, d’ailleurs) de les retrouver :
– « Septième ciel ». Film allemand d’Andreas Dresen avec Ursula Werner, Horst Rehberg, Horst Westphal. Critique de Jean-Luc Douin. « L’avis du Monde : à voir »
– « Les Enfants sont partis ». Film argentin de Daniel Burman avec Oscar Martinez, Cecilia Roth, Arturo Goetz. Critique de Thomas Sotinel. « L’avis du Monde : à voir »
– « Saw 5 ». Film américain de David Hackl avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Scott Patterson. Critique d’Isabelle Regnier. « L’avis du Monde : on peut éviter »
– « Pleine Lune ». Cinq films d’animation réalisés par Bruno Collet, Emmanuelle Gorgiard et Laurent Gorgiard. (0 h 50.). Critique d’Isabelle Regnier (qui d’ailleurs se contente d’un résumé ultra-rapide des dits films). « L’avis du Monde : on peut éviter »
– « Mon espion préféré ». Film américain de George Gallo avec Meg Ryan, Antonio Banderas, Colin Hanks. Critique de Jean-Luc Douin. « L’avis du Monde : on peut éviter »
Donc, quand même, deux films « à voir »… En parcourant ce numéro, je trouve sans beaucoup chercher plusieurs articles qui auraient pu sans dommage laisser de la place pour les (assez brèves) critiques de ces deux films telles qu’affichées sur le net, par exemple en page 26 l’article consacré à une vente aux enchères de nounours ou, en pages 18-19, le dossier, un peu léger parfois, sur Montpellier.
Sans parler de ceux (il y en a) qui ne disposent pas d’Internet, on se demande aussi parfois pourquoi la version papier du journal continue à exister…