L’envol des caribous

mardi 31 mars 2009

Ma correspondante favorite me rappelle un point qui ne m’avait pas échappé sur le moment mais que j’avais fini par oublier, et ça aurait été dommage, jugez plutôt :
Dans un article intitulé « Les papy-boomers prennent le large », dans le quotidien daté du 19 mars dernier, Laurent Carpentier évoque les croisières sportives de plus en plus prisées par les « seniors », pour employer un vocabulaire politiquement correct. Au milieu de descriptions de vieillards saisis par le démon de l’aventure, il décrit un paysage du Groenland et, dit-il, les « herbes rassurantes de la toundra où des caribous s’envolent en silence ».
J’avoue que l’envol des caribous m’a laissé sur place… J’ai même été vérifier si, par hasard, le mot n’avait pas un autre sens, plus aviaire, mais non. Alors, le mystère reste entier : à quel genre de caribou Laurent Carpentier pensait-il donc ?

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On nous cache tout !

mercredi 18 mars 2009

Le « Carnet » du numéro du 18 mars note :

Bernard d’Espagnat, 87 ans, physicien et philosophe des sciences mondialement connu pour ses travaux sur les enjeux philosophiques de la mécanique quantique, est le lauréat du prix Templeton 2009 doté de 1 million de livres sterling (1,08 million d’euros). Décerné par la fondation éponyme, ce prix récompense « les découvertes majeures qui modifient notre perception du vivant ».

Voilà une information intéressante, mais peut-être est-elle quelque peu incomplète… Cette idée de « modifier notre perception du vivant » m’a mis la puce à l’oreille, et j’ai été y voir d’un peu plus près. Eh bien, cette fondation Templeton est une richissime institution (avez-vous vu le montant du prix ? À peu près autant que le Nobel) qui a, entre autres, financé une étude fort sérieusement organisée (en double aveugle et tout !) pour savoir si la prière pouvait avoir une influence sur la guérison de graves malades du coeur… Plus généralement elle s’occupe des rapports entre science et religion, et a été à plusieurs reprises soupçonnée de favoriser des thèses proches de celles du « dessein intelligent ». Bon, chacun son truc, mais Le Monde aurait pu nous en dire un peu plus, là…

Tiens, sauf erreur de ma part (et erreur du moteur de recherche du monde.fr), le même « Carnet » n’a pas dit un mot de la disparition, fin février, d’un des plus grands écrivains de science-fiction des années soixante et soixante-dix, Philip Jose Farmer.

Je rajoute ce même jour un mot à ce billet : ma correspondante favorite me signale que le Monde vient enfin de parler de la mort de Farmer… Trois semaines après, ce n’est pas trop tôt ! Une nécrologie assez brève, d’ailleurs, comparée à celles d’illustres inconnus que j’ai vus passer récemment.


C’est pas juste

jeudi 12 mars 2009

« Juste 25 milliards de dollars »
Ainsi commence l’éditorial du Monde du 12 mars, en page 2, sous le titre « Une aumône ». Tiens, se dit-on, 25 milliards exactement, 25 milliards pile : pourquoi insister sur la précision de ce chiffre ? Et puis on continue à lire, et on s’aperçoit vite qu’il dénonce, à bon escient (j’allais écrire : « à juste titre ») la modicité « de l’aide d’urgence évaluée par le FMI pour secourir vingt-deux pays à bas revenus », et donc que ce « juste », incompréhensible (et qui en fait évoque « injuste »), est employé à la place de « seulement » : « Seulement 25 milliards de dollars ».
Voilà que Le Monde parle comme dans les cours de collèges, maintenant. On se croirait dans le « Dîner de cons », de Francis Veber :

– Il s’appelle Juste Leblanc
– Ah bon, il n’a pas de prénom ?
– Je viens de vous le dire : Juste Leblanc. « Leblanc », c’est son nom, et c’est « Juste » son prénom. Monsieur Pignon, votre prénom à vous, c’est François, c’est juste ?
– Oui.
– Et bien lui, c’est pareil : c’est Juste !

L’américanisation de la langue poursuit ses ravages : « initier » pour commencer, lancer ; « finaliser » pour terminer ; « opportunité » pour occasion, possibilité ; « intégrer » pour entrer à ou dans ; « compléter » pour finir, remplir ; et « juste » pour seulement…
Pour bien nous confirmer le retour à l’école, l’éditorial développe aimablement à l’intention des potaches ignares que nous sommes les sigles FMI et PIB.
Il y a même un exercice d’explication de texte, puisqu’il nous est proposé une phrase absconse, sans doute à expliquer :
« Le taux de pauvreté augmente au rythme de deux points quand la croissance du PIB (produit intérieur brut) recule d’un point. »
Bon courage, vous aurez peut-être… juste !


« M » alors…

jeudi 5 mars 2009

Bon, finalement, Pessin n’est pas encore parti puisqu’on peut voir un dessin de lui, en page 14 du numéro du 5 mars. Dessin qui ne restera pas parmi mes préférés, mais c’est sa patte, quand même…
Un bonheur ne venant jamais seul, le Plantu de la « Une » évite, pour une fois, le mariage supposé explosif (mais plus souvent stérile) de la carpe et du lapin, en se concentrant sur un seul sujet : de part et d’autre du mur barbelé séparant Israël de la Palestine (les drapeaux respectifs sont là pour ceux qui n’auraient pas compris) deux groupes de parachutes portent (sans que le sens de leur déplacement soit bien indiqué, mais on le devine) à gauche l’inscription « roquettes », à droite la mention « colonies ». L’ennui c’est qu’un regard rapide permettrait de supposer que pendant que les Palestiniens balancent à leurs vis-à-vis les explosifs qui y sont suspendus, ceux-ci leur expédient… des maisons.
(Sur « M », le « supplément mensuel », je préfère ne pas m’étendre. J’espère que ces 56 pages de bling-bling, où le snobisme ringard va jusqu’à à faire précéder en couverture son numéro (01) du signe anglo-saxon « # » au lieu de « N° » ou « numéro », rapportera, grâce à ses nombreuses pages de publicité de luxe, de quoi financer d’intéressantes enquêtes, de remarquables articles et d’excellents dessinateurs.
On peut rêver…)


Le Monde sans dess… Pessin

mercredi 4 mars 2009

Je ne le voyais plus, je le croyais en vacances…
Comme ça commençait à durer, j’ai été faire un coup de surf, et je suis tombé sur cette info dans le blog d’Iconovox, page du 5 février dernier, intitulée : Un Monde sans dessins.
Ainsi Pessin ne dessine plus dans Le Monde, non plus d’ailleurs qu’un autre dessinateur que j’aimais aussi, Pancho, et que bien d’autres.
Il ne restera essentiellement que Plantu avec, en Une, son « regard » qui en est rarement un, son dessin surchargé, son humour laborieux et sa logique répétitive.
Quelle tristesse…