Imprécisions

dimanche 26 avril 2009

Je trouve en bas de page 6, dans les numéros des 26-27 avril, une correspondance d’Istanbul, signée Guillaume Périer, et titrée « Un romancier franco-turc devant ses juges », qui me laisse perplexe. Elle concerne l’écrivain Nedim Gürsel.
La phrase qui a attiré mon attention est la deuxième : « En 1981, les tribunaux militaires avaient brocardé son premier roman, Un long été à Istanbul« . Brocardé ? Mais ce livre a tout bonnement été interdit, à l’époque. Or « brocarder », selon mon fidèle Robert, signifie « Railler par des petits traits moqueurs ». On est loin du compte !
On apprend plus loin qu’il « s’est finalement installé en France, comme directeur de recherches au CNRS ». Ciel ! On « s’installe » comme coiffeur, marchand de légumes ou avocat, mais pas comme directeur de recherches au CNRS ! On est recruté, à tout le moins, ce qui n’est pas simple, d’ailleurs. Le Monde ne nous apprend d’ailleurs pas sur quoi portent ses recherches, après une thèse en « littérature comparée ».
Écrivain franco-turc ? Rien dans l’article ne permet d’appuyer ce qualificatif.
Il est maintenant « poursuivi par la justice. Civile cette fois. Accusé d’ « atteinte aux valeurs religieuses »  » et ajoute Guillaume Périer, « La plainte [est] jugée suffisamment sérieuse par la justice ». Certes, puisque celle-ci le poursuit. Mais qui a déposé cette plainte ? L’auteur soupçonnerait « un groupe islamiste, celui du créationniste Adnan Oktar, d’être à l’origine de la procédure ». Mais s’il y a plainte, c’est bien que quelqu’un l’a déposée officiellement. Qui ? On ne sait…
Bref, tout cela n’est pas clair du tout… Les poursuites contre un écrivain ne sont jamais anodines (un point de vue de Marc Lévy, page 16 du même numéro, en témoigne assez). Raison de plus pour que l’information sur ces sujets ne soit pas donnée d’une manière si imprécise, pour ne pas dire négligente…

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On ne nous cache rien !

mardi 21 avril 2009

Le Monde est vraiment le quotidien de référence sans lequel nous serions peu informés de ce qui se passe sur notre planète.
D’où l’intérêt de la rubrique « Elles&Ils » d’Olivier Schmitt, sorte de Who’s who permanent, où tout nous est dit ce qui arrive aux grands (et quelques moins grands) de ce monde. Tout, y compris des informations aussi essentielles que celle-ci, parue dans cette colonne, page 18, le 20 avril, dans un paragraphe intitulé « People » :
« Madonna, 50 ans, a fait une chute de cheval sans gravité, samedi 18 avril, dans les Hamptons (Etat de New York). Selon la porte-parole de la chanteuse, sa monture a été effrayée par un photographe surgissant d’un buisson. C’est le deuxième accident de cheval de Madonna en quatre ans : en 2005, elle s’était cassé la clavicule, une main et trois côtes. »
Essentiel, n’est-ce pas ? Merci Le Monde, merci Olivier Schmitt !


Contenir !

mercredi 8 avril 2009

Que lit-on au début de l’article de Rémi Barroux intitulé « Les syndicats européens malmenés par la crise », dans Le Monde d’aujourd’hui, en page 9 ? Ceci :
« La crise est un défi pour les syndicats européens : comment contenir la colère sociale qui commence à monter (…) ».
On pourrait croire qu’un syndicat sert à défendre les intérêts de ses adhérents, à améliorer leur situation ou empêcher qu’elle se dégrade et, par les temps qui courent, à les mobiliser et se battre avec eux pour que la crise les frappe le moins fortement et le plus brièvement possible.
Pas du tout, pour M. Barroux, le vrai défi des syndicats est de « contenir la colère sociale ».
Bizarre conception…


Manifs…

mardi 7 avril 2009

Vu dans le Monde d’aujourd’hui, page 9, un entrefilet à propos de la manifestation syndicale du 4 avril à Rome : 200 000 manifestants selon la police, 2,7 millions selon la CGIL. Un écart de 1 à 13 !
Il devrait quand même être possible d’être un peu plus précis. Je veux bien que les organisateurs poussent les chiffres, que les pouvoirs publics les minimisent, mais que font les journalistes ?
Et le quotidien donne l’information (si l’on peut appeler ça ainsi) sans sourciller autrement…