Où est passé Pessin ?

mardi 23 juin 2009

Je n’achète pas le Monde le samedi. Je refuse de payer un supplément obligatoire pour « Le Monde2« , qui ne m’intéresse pas, m’opposant ainsi à une « vente forcée », comme le faisait d’ailleurs remarquer fort justement (et en fronçant les sourcils avec sévérité) le quotidien au moment où le Figaro lançait le « FigMag » en 1978. Ce faisant, je ne ratais vraiment qu’une chose à mon goût, le dessin de Pessin, en trois cases, à la fin…
Ce devait être également du goût d’une lectrice, car qu’ai-je trouvé en lisant par hasard chez un ami le numéro du 20 juin, dans le courrier des lecteurs, page 6 ? La question posée en titre de ce billet : « Où est passé Pessin ? » Dans un autre billet, du 4 mars dernier, je m’étonnais de la rareté croissante des dessins de l’intéressé dans les colonnes du journal, et je citais tristement un site qui laissait clairement entendre que le quotidien était en train de se débarrasser des ses principaux dessinateurs, à l’exception notable de Plantu.
Or que répond le Monde2 d’aujourd’hui à cette lectrice ? Un paragraphe lénifiant qui commence par « Rassurez-vous (…) Pessin va bien » (comme si c’était là le fond de la question), et qui continue en disant que le dessinateur a « simplement quitté le journal début mai ». Comme noyage de poisson, on fait difficilement mieux.
La réponse se termine par cette note assez ahurissante : « Ne nous en voulez pas, d’autres dessinateurs viendront bientôt ensoleiller vos week-ends ». « Ensoleiller », comme si on pouvait réduire Pessin à cette fonction bronzante.
Tiens, une fois n’est pas coutume, j’affiche un dessin… Merci, Monsieur Pessin !

SENIOR..


Destins brisés…

lundi 15 juin 2009

Autre événement qui s’est produit pendant ma quinzaine de vacances : la disparition de l’Airbus Rio-Paris.
Comme beaucoup de ses confrères de la presse écrite, et surtout des média audiovisuels, Le Monde en a hélas fait un traitement axé sur le sensationnel et l’émotif. Le titre du numéro daté du 4 juin : « Passagers du vol AF 447 : destins brisés dans la nuit » l’illustre assez bien. J’ai relevé d’ailleurs la semaine suivante un titre de couverture, à propos d’un « royal » qui se trouvait dans l’avion : « Pedro Luís d’Orléans Bragance : un destin foudroyé ». Il s’agissait de… Point de vue Images du Monde, magazine people s’il en fut… Le quotidien reprend d’ailleurs de plus en plus cette formulation courante dans ce genre de publication qui consiste à utiliser non pas une formule trop compliquée comme : « Le projet de Sarkozy pour 2010 » mais quelque chose de plus accessible : « Sarkozy : son projet pour 2010 ».
En tout cas, des « destins brisés », il y en a bien d’autres, et bien plus nombreux, qui ne tirent pourtant pas autant de larmes… Par exemple, selon la FAO, en 2005, environ 16 000 enfants mouraient tous les jours de maladies liées à la faim et à la malnutrition.
70 Airbus Rio-Paris…
Tous les jours…


Élections franco-européennes

dimanche 14 juin 2009

15 jours de vacances loin d’Internet, et avec une fréquentation irrégulière du Monde… Assez cependant pour garder un oeil critique… Noter, par exemple, la présentation faite par le quotidien des résultats des élections européennes, dans un cahier spécial daté du mardi 9 juin.
Les pages 30 à 33 présentent, de façon très claire, les résultats par pays : nom, carte, nombre de sièges, population, date et mode de scrutin, 15 à 20 lignes d’analyse, et les résultats des principaux partis avec rappel de ceux de 2004. Il ne manque que les taux de participation, regroupés, on s’explique mal cette incohérence, via une carte en tête de cahier, page 29. Ces données permettent de faire très facilement une comparaison terme à terme de l’évolution des membres de l’Union. Pour tous les pays, ou presque : la France est absente de ces pages !
Les données la concernant sont détaillées pages 35 à 48, de manière très différente, sans qu’on puisse en faire la synthèse, ni a fortiori la comparaison avec les autres pays (il manque par exemple les pourcentages globaux, ou les résultats de 2004).
J’ai eu trop l’occasion de m’offusquer de la présentation très franco-française de ces résultats par les médias de l’hexagone. Là, on tombe dans l’excès contraire mais, au fond, cela revient au même !
En tout cas, ce que ni le Monde, ni à ma connaissance aucun autre support d’information n’a souligné, c’est que, en plus de la très faible participation, la seule liste soutenant N. Sarkozy n’a obtenu que 27,87% alors que le candidat avait réuni 31,8% des suffrages (avec un taux de participation incomparablement supérieur) au premier tour de la présidentielle de 2007. Plus de 72% des votants ont ainsi porté leurs suffrages vers des listes qui lui étaient opposées. Bizarre « victoire »…