Dans la Lune

mardi 21 juillet 2009

Un dossier de 12 pages, dans le Monde du mardi 21 juillet, pour célébrer les quarante ans du premier pas sur la Lune.
Je passe sur la dernière page du dossier, entièrement consacrée à des dessins de Plantu, qui a rarement fait preuve d’un tel manque d’inspiration et ce, hélas, aux dépens d’Hergé et de Tintin…
Non, ce qui justifie mon billet, dans les pages 6-7 consacrées par Jérôme Gautheret aux précédents littéraires de voyage dans la Lune, c’est l’article intitulé « Un voyage en dirigeable pour Edgar Poe ».
D’abord, le principe : « C’est en 1783 (…) que les frères Montgolfier font la première démonstration de leur ballon gonflé à l’hydrogène. » Faux, le ballon des frères Montgolfier fonctionnait à l’air chaud. Il y a confusion avec le ballon de Jacques Charles, utilisé à la fin de la même année.
J. Gautheret écrit par ailleurs : « Depuis cette date, on sait qu’il est possible à un objet plus lourd que l’air de s’extraire de l’attraction terrestre ». Or le principe même des ballons (autant que des dirigeables) est précisément que ces aérostats sont, au total, plus légers que l’air. Il faudra attendre l’extrême fin du XIXe siècle pour voir enfin s’envoler des plus lourds que l’air, les avions, après d’ailleurs de longs débats théoriques sur la possibilité d’un tel vol !
Quant à « dirigeable », le ballon des frères Montgolfier n’en est pas un : on ne peut le « diriger » ; celui attribué à Hans Pfaall, le personnage d’Edgar Poe (qui ne fait pas cette erreur, et pour cause), n’est l’est pas non plus. Ce ne sont que de simples ballons. Le premier dirigeable au sens propre sera construit par l’ingénieur Henri Giffart en 1852.
PS. Le bandeau en haut de la Une du journal annonce : « Marchons sur la Lune : un dossier spécial + un double album de Tintin », sans autre précision, laissant entendre (à tort) que le second est gratuit, comme le premier !


Plus ou moins vite que la musique ?

mercredi 15 juillet 2009

« Des données transmises à la vitesse de la lumière » lit-on en titre d’un encart de la page 18 du numéro du 15 juillet, en marge d’un article intitulé « Comment choisir son opérateur de fibre optique ».
L’encart commence ainsi :  » La fibre optique est un fil de verre ou de plastique très fin, de l’épaisseur d’un cheveu, qui transmet les données à la vitesse de la lumière. » et continue : « Elle véhicule les informations beaucoup plus vite que ne le fait le courant électrique sur un fil de cuivre (ADSL) »
Beaucoup plus vite ? On ne saurait dire : la vitesse de l’électricité dans un fil de cuivre est d’environ 273 000 km/s, alors que celle de la lumière dans une fibre de verre est inférieure à sa vitesse dans le vide, en fonction de l’indice de réfraction du matériau, donc environ d’un tiers, inférieure ainsi à la vitesse de l’électricité dans le cuivre !
Alors, que se passe-t-il ? Simplement que la lumière utilisée dans une fibre optique permet de transmettre énormément plus d’informations que l’électricité. Ce n’est pas la vitesse qui y est supérieure, au contraire. Ce qui est supérieur, et incomparablement, en effet, c’est le débit.