Pas de cinéma

mercredi 5 août 2009

Surprise en page 17 du Monde du 5 août : une critique de livre. Elle est signée Jean-Luc Douin. Je m’y plonge : JLD m’y raconte une histoire intéressante, centrée sur le jeu d’échecs ; il me parle de l’intrigue, de sa problématique, du personnage central, Hélène, fort intéressant, et conclut : « Quoi qu’il en soit, que ce soit vis-à-vis de l’homme ou du jeu, Hélène restera femme fidèle. »
Cela s’appelle « Joueuse ».
Je cherche les références, et je tombe sur ceci : « Film français de Caroline Bottaro, avec Sandrine Bonnaire, Kevin Kline, Francis Renaud, Jennifer Beals. (1 h 37.) »
Un film ? Mais rien dans l’article ne le laissait entendre ! Je le relis avec plus de soin : si, une phrase : « Hélène, qu’interprète Sandrine Bonnaire » et une autre, métaphore trop attendue : « Le film, lui, avance malicieusement plusieurs pions à la fois. » Même la photo qui accompagne l’article aurait pu être une illustration de couverture, si ce n’était sa légende, elle aussi bien prévisible : « Hélène (Sandrine Bonnaire) avance son fou en diagonale ». C’est tout.
Strictement rien sur le jeu des acteurs, la photographie, les mouvements de caméra, la mise en scène, le montage, la vision de la réalisatrice, que sais-je… L’intrigue, et ses protagonistes, point.
C’est une manie fréquente de la critique française de films de ne pas parler de cinéma. Mais là, on atteint quand même un sommet.

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Mammifères…

mardi 4 août 2009

Le Monde du 4 août entame, en page 17, une série d’articles de Catherine Vincent dont le premier est intitulé : « Il était une fois deux sexes ». On y lit d’emblée :
« Nous aurions pu n’en avoir qu’un seul, qui se serait suffi à lui-même. Ou trois, ou quatre. Ou un nombre variant selon les saisons. En mammifères que nous sommes, ce fut deux. Deux sexes. »
Bigre, tout cela donne fortement à penser que la dualité sexuelle n’est propre qu’aux mammifères… Hélas (ou pas !) il n’en est rien : des tas d’oiseaux, de poissons, de reptiles, ou même de plantes, sont là pour nous prouver le contraire et assument bravement, comme nous, la dualité masculin-féminin, en fait la plus largement répandue dans le règne du vivant.

PS. Le Grand Vérificateur de mots du Monde doit être en vacances : on lit dans ce numéro une phrase comme « Les autorités marocaines n’auraient-elles été que dans la manipulation » (p. 6) et surtout deux titres dans la même page 2 : « Pour rester le bain » à propos des mondiaux de natation à Rome, et « Les Palestiniens en mal représentation et de stratégie ».