Assassin !

vendredi 18 septembre 2009

Il m’arrive souvent dans ce blogue de montrer du doigt des titres mal fagotés, ou des photos inadéquates. Le Monde d’aujourd’hui me donne l’occasion de joindre les deux.
Un titre en haut à droite de la Une nous dit : « Il voulait tuer Chirac, le président a voulu comprendre ». Sous le titre, une photo montre l’ancien président de la République suivi de près par Jean-Pierre Raffarin.
Tel que, on ne peut en tirer qu’une conclusion : c’est bien l’ancien premier Ministre qui a voulu trucider le chef de l’État !

PS. Toujours un problème de titre, en page 4, à propos de la grippe A :  » Le gouvernement promet la transparence sur l’évaluation des effets des vaccins afin de rassurer la population « .
Savoir d’avance qu’une évaluation à venir pourra à coup sûr « rassurer la population » met fortement en doute la valeur de cette évaluation ainsi que sa transparence, et donc les raisons pour la dite population d’être rassurée !

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Rupture…

mercredi 16 septembre 2009

On lit en bas de la page 7 du numéro d’aujourd’hui, 16 septembre, le titre suivant :  » Maroc : Six jeunes poursuivis pour avoir voulu rompre le ramadan en public ».
L’expression « rompre le ramadan » n’est pas très claire, sans doute aurait-il fallu écrire plutôt « rompre le jeûne », mais le rédacteur n’a sans doute pas voulu faire de fausse répétition entre « jeune » et « jeûne ».
Bref, le problème est ailleurs. La rupture du ramadan, comme celle du jeûne, se comprend aisément comme le fait, en fin de journée, d’entrer dans la période nocturne où l’on peut boire et manger, entrée qui se manifeste par un repas appelé iftar. Mais on ne sache pas que cette circonstance doivent obligatoirement se passer en privé, même si elle se déroule souvent dans le cercle familial.
D’où mon étonnement en lisant ce titre. En fait, il s’agit de bien autre chose, plus grave : des jeunes gens ont voulu réclamer publiquement le droit de ne pas faire le ramadan.
Encore un titre mal fagoté. J’ajoute que l’article se termine par un autre de ces tics dont Le Monde est cou
tumier : « Ce mouvement a été initié par… »


Rentrée…

jeudi 3 septembre 2009

Je notais avant-hier un des « tics » de langage du Monde, et voilà qu’aujourd’hui, en page 2 de ce numéro du mercredi 2 septembre, c’est Francis Marmande qui en parle.
F. Marmande est une de mes raisons de lire encore ce journal (une autre était Pessin, mais il n’y figure plus)… Que dit notre chroniqueur ? Qu’on emploie les mots à tort et à travers (et il cite d’ailleurs en passant une autre de mes admirations, Gérard Genette), mais que lui a pris le parti d’en rire, parfois en se moquant de son interlocuteur : « Comme tu dirais »… Cependant, il n’échappe pas à la dure loi du néologisme, et écrit à ce propos : « juste pour jouer », utilisant « juste » là où « seulement » aurait suffi, comme je le notais déjà ici
PS. Comme je le faisais remarquer dans l’avant-dernier billet de ce blog, on lit encore dans ce même numéro, en page 23, une critique de film (Les regrets de Cédric Kahn), dont l’auteur, Jean-François Rauger, ne nous parle (sauf le nom des acteurs et une référence à Truffaut) pas autrement que s’il s’agissait d’un roman ou d’une pièce de théâtre…


« Dès » quand ?

mardi 1 septembre 2009

Retour de vacances, Monde épisodique… Pas pu noter grand chose, donc, sinon l’effet pervers d’un tic de vocabulaire de plus en plus répandu et auquel le journal, comme il se doit, n’échappe pas. Mercredi 26 août, en Une, un titre : « Nous serons 7 milliards de terriens dès 2012 ».
« Dès » 2012 ? Cela donnerait à penser que la croissance démographique mondiale est plus forte que prévu… Je croyais le contraire. Et c’est précisément ce que confirme le corps de l’article, où l’on apprend par exemple que nous serons 9,4 milliards en 2050, « bien loin des 15 milliards » pronostiqués naguère.
« En » 2012 aurait donc largement suffi ! L’erreur vient de cette utilisation désordonnée de l’adverbe « dès » qui, maintenant, ne signifie plus « en avance », « plus tôt que prévu », « d’urgence » mais, bêtement, « à partir de ». Le quotidien l’utilise d’ailleurs ainsi dans ses auto-promotions : « dès vendredi » pour les CD, par exemple… Mais on lit parfois, dans des vitrines : « Chemises dès 20 euros » ! En tout cas, ce titre est en contradiction avec l’article qu’il introduit.