Communauté (encore !)

jeudi 28 avril 2011

Un papier en bas de la page 11 du Monde du 27 avril, signé du correspondant à Nice, Paul Barelli, est titré :
« A Nice, une statue du général de Gaulle indigne les pieds-noirs ».
Et il commence ainsi : « La statue monumentale du général de Gaulle qu’entendait ériger à Nice Christian Estrosi, le maire (UMP) est contestée par la communauté pied-noire ».
« Communauté pied-noire » ? On croit rêver. Encore cette manie de faire rentrer tout le monde dans des communautés. Or en lisant l’article, on s’aperçoit en fait qu’il s’agit d’un « collectif d’associations de rapatriés », ou « d’autres associations nationales de rapatriés ». Où est la communauté, là-dedans ? On se le demande…
Né en Afrique du Nord, je peux parfaitement être considéré comme un pied-noir, mais je ne me sens pas du tout membre d’une telle éventuelle communauté, ni d’ailleurs d’aucune autre.
Le Monde est coutumier de cette formulation que je trouve particulièrement biaisée. Je le soulignais déjà ici et
J’ajoute que le titre aurait dû être plutôt « … indigne des pieds-noirs. »


Raté !

vendredi 8 avril 2011

L’habituelle rubrique du très marketing chroniqueur automobile du quotidien, Jean-Michel Normand, est consacrée aujourd’hui en page 25 à la Nissan « Leaf », voiture tout-électrique. Parmi des considérations diverses, un point de vue esthétique : « Elle ne verse pas dans le mièvre, surtout au niveau de l’originale partie arrière, dont le dessin n’a pas été alourdi par la présence des batteries… ».
Ah très bien ! On jette alors un coup d’oeil sur la photo affichée en bas de l’article : ah, zut ! Elle a été coupée à la mise en page et précisément… à l’arrière !
Raté !


Pour une fois…

jeudi 7 avril 2011

Je ne voudrais pas qu’on croie que je suis un anti-Plantu systématique et primaire… La preuve : je trouve son dessin d’aujourd’hui 7 avril très réussi. Titré : « Le PS veut sortir du nucléaire « , il montre le vieux schéma du système planétaire utilisé dans les années dix pour décrire l’atome nouvellement étudié, mais en remplaçant le noyau par la tête de Martine Aubry et, tournant autour d’elle, les électrons par celles de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Ségolène Royal.
Et même s’il use encore ici d’un procédé qu’il a utilisé jusqu’à la corde, à savoir la juxtaposition de deux thématiques que rien a priori ne rapproche, il en tire aujourd’hui un élément si j’ose dire explosif, et pour une fois le tout est supérieur à la somme des parties.


Événements

lundi 4 avril 2011

Le Monde daté du samedi 2 avril s’intéresse à la Côte d’Ivoire, mais de manière bien bizarre.
Sur toute la largeur de la Une, un grand titre : « La bataille d’Abidjan, la chute de Gbagbo ». Il doit avoir été rédigé, comme d’habitude, dans la matinée de la veille, c’est-à-dire vendredi. Au moment où j’écris ce billet, avec un peu de retard, c’est-à-dire lundi 4, soixante-douze heures plus tard, Gbagbo est toujours là, les combats font rage et ce titre est donc rétrospectivement dérisoire et absurde. Mais ce vendredi-là, c’était le 1er avril… Est-ce l’explication ? En tout cas, si c’est un poisson, il n’est pas très drôle…
Autre bizarrerie, en page 7, Le Monde présente un encart intitulé « quatre mois de crise », qui résume rapidement le conflit ivoirien. Rapidement ? Un peu trop, même, jugez-en avec les deux premiers événements :

28 novembre 2010 : Second tour de l’élection présidentielle entre le président sortant, Laurent Gbagbo, et l’ancien premier ministre, Alassane Ouattara.
3 décembre : Laurent Gbagbo est proclamé vainqueur par le Conseil Constitutionnel. Le secrétaire général de l’ONU, l’Union européenne, la France et les États-Unis félicitent Alassane Ouattara.

etc.
On a vaguement l’impression qu’il manque quelque chose d’important, par exemple :

2 décembre : Alassane Ouattara est déclaré vainqueur par la commission électorale indépendante, avec 54,1% des voix.

Décidément, au Monde, on annonce des événements non encore avérés, et on fait l’impasse sur des faits patents et essentiels. Rien ne va plus…