Chômage en baisse ?

vendredi 27 mai 2011


Titre en page une : « La lente décrue du chômage s’est confirmée en avril ».
Commentaires de ce titre : « Le nombre de personnes inscrites au Pôle emploi en catégorie A a diminué de 10 900 en avril grâce à une légère – et fragile – reprise de l’activité. Le chômage reste massif et augmente pour certaines catégories (plus de 50 ans, chômeurs de longue durée) ».
Le moins qu’on puisse dire est que de l’un à l’autre, ça ne s’arrange pas !
Quant à l’article en page 10, son optimiste est encore plus nuancé.

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Encore une carte obscure

mercredi 18 mai 2011


Encore une carte mal fichue, en effet. Sur une double page (10-11, rubrique “ L’oeil du monde « ) le quotidien présente un dossier sur l’homosexualité :  » Les droits avancent, la répression persiste « .
Ce dossier consiste essentiellement en une carte présentant le  » Statut légal de l’homosexualité dans le monde « . Trois couleurs : le vert : « reconnaissance » (avec un sous-titre fort restrictif : pays reconnaissant les unions du même sexe) ; le gris : « persécution », allant de la « législation peu claire » à la peine de mort ; je passe sur le bleu : « pas de législation spécifique ». Ce qui est étonnant c’est que pour les pays en vert, plus cette couleur est soutenue, plus la législation est libérale, alors que pour les pays en gris c’est l’inverse (plus le gris est foncé, plus la législation est répressive). Un daltonien croirait que le Soudan est aussi avancé que la Suède !
Coïncidence : l’excellente revue Carto présente, dans sa dernière livraison (n°5, p. 52-54), un article analysant l’utilisation des couleurs dans la cartographie, en insistant sur l’homogénéité nécessaire des nuances, à partir de deux variables, les valeurs et les teintes. L' »Infographie du Monde », signataire de ces pages sur l’homophobie dans le quotidien, serait bien avisée de lire cet article.
Mais ce dossier comporte d’autres bizarreries : les pays répressifs sont déterminés par les « peines encourues pour des actes homosexuels », les pays tolérants par, je l’ai dit, la reconnaissance des unions du même sexe, en excluant donc d’autres critères, comme par exemple l’homoparentalité.


Ça change ?

mardi 17 mai 2011


Tiens, le changement de direction à la tête du journal commencerait-il à se faire sentir ? Pour l’instant, très timidement.
La fameuse page 2 intitulée « 24 heures dans le monde », et dont je me plaignais encore le 11 mai, semble enfin disparaître. Elle est aujourd’hui remplacée par ce qui me paraît être le fruit d’un concept hybride : intitulée « En ligne », cette nouvelle page 2 sera consacrée à « la vie du Net, des médias et des réseaux sociaux » pour reprendre la déclaration d’intention « A nos lecteurs » de la Une.
Or le premier exemple n’est guère convaincant. Un sommaire des « rendez-vous » du Monde.fr accompagne un mélange d’articles qui sont soit tirés des différentes rubriques (principalement les blogs) du site du journal, soit consacrés aux médias, mélangeant ainsi bizarrement le contenant et le contenu. Au milieu, pour ajouter à l’hétérogénéité, un dessin, signé Xavier Gorce, dont la seule cohérence est qu’il vient directement de la « newsletter » du Monde.fr via sa rubrique « Les indégivrables ». Ça ne vaut pas Pessin, mais ça nous change de Plantu qui, lui, est toujours en « Une ».

Quant à l’inénarrable page « Disparitions », elle est toujours là (p. 29), consacrée aujourd’hui encore à d’honorables mais illustres inconnus, au moins de moi, dont la présence ici ne semble parfois justifiée que par la nécessité de remplir une page entière. Cette contrainte semble impérative, puisque les dates de décès de ces disparus s’échelonnent entre le 25 avril (trois semaines) pour la plus ancienne au 8 mai (plus d’une semaine) pour la plus récente.


Mon titre !

vendredi 13 mai 2011

Réagissant à la lettre d’un lecteur, j’ai envoyé au Monde le courrier ci-dessous :

J’ai été très intéressé par le courrier de Jean-Bernard Lang  » Palestine-Israël  » (Le Monde du 4 mai). Je partage certains de ses points de vue et j’ai trouvé intéressants certains de ses arguments, même si je reste en désaccord avec son contenu, dans l’ensemble. Une phrase cependant m’a scandalisé et remet en question, à mes yeux, tout le reste de cette lettre : « Les Palestiniens peuvent aller vivre un peu plus loin, pas les juifs ». On peut discuter à l’infini de la situation des juifs dans le monde, en rappelant par exemple qu’ils sont plus nombreux hors d’Israël que dedans, mais il est proprement insupportable de voir demander ainsi à un peuple de quitter le territoire où il vit, et d’accepter tranquillement que s’y établisse un autre, au motif que ce dernier n’aurait nulle part où aller… « Ôte-toi de là que je m’y mette » ne saurait en aucun cas être un principe acceptable de rapport entre les peuples.

Je n’en parlerais pas dans ce blog si la rédaction du journal, ayant accepté de publier ma lettre dans le numéro du 11 mai, n’en avait pas complètement changé le titre. J’avais titré :
« Ôte-toi de là que je m’y mette »
Ils ont préféré :
« Approche différente »
ce qui n’a strictement rien à voir.
J’ai protesté, en suggérant qu’il conviendrait de préciser à l’intention des lecteurs : « les titres des courriers publiés sont de la rédaction »…
Je n’ai pas eu de réponse, à ce jour.


Titres à l’emporte-pièce

mercredi 11 mai 2011

Décidément, cette page 2 « 24 heures dans le monde » est non seulement inutile mais source d’erreurs.
Dans le numéro daté du 11 mai, on y trouve, entre autres, deux titres :
Le premier est absurde : « Marine Le Pen annule une émission télévisée sur l’extrême droite ». Or, en lisant la notule, on lit : « … a annulé sa participation à l’émission… ». Donc elle n’a pas du tout annulé cette émission, ce qu’elle n’avait d’ailleurs pas le pouvoir de faire. Elle n’a en fait annulé (et même ce terme est abusif, il faudrait plutôt écrire « retiré ») que sa participation.
Le second est quasiment trompeur : « Environnement : 80% de besoins couverts par les énergies renouvelables en 2050 ». Super, est-on tenté de dire. Mais la mariée est si belle que l’on veut vérifier et on lit alors, très déçu, quelque chose de bien différent : « Les énergies renouvelables pourraient fournir 80% des besoins mondiaux en 2050. C’est l’un des 164 scénarios examinés, et l’hypothèse la plus haute ». En fait, l’information donnée contredit presque complètement le titre affiché.