Poser la question, c’est y répondre !


Je suis un peu interloqué par la publication dans le numéro d’aujourd’hui, en pages 12 et 13, de divers sondages.
Le premier titré « Le jugement des français sur leur démocratie » est assez hétérogène. Une des questions porte sur la confiance faite aux partis pour gouverner ; si la gauche y progresse depuis décembre 2009, le pourcentage de ceux qui ne font confiance ni à la droite ni à la gauche passe en deux ans de 60% à 52%, ce qui n’empêche pas le quotidien de titrer la page : « La défiance envers les dirigeants politiques s’accroît ».
Une autre question porte sur « L’approbation de différentes mesures pour réduire la dette de l’État ». (On peut s’étonner qu’aucune question ne soit posée sur d’autres graves difficultés actuelles, le niveau du chômage par exemple). Bref, quatre mesures partielles sont soumises à l’avis des sondés ; une seule mesure globale est proposée, et elle est tellement générale que la question en devient ridicule : « Augmenter les impôts ».
Quand on sait qu’une réforme fiscale peut prendre une multitude de formes, relèvement global ou ciblé de la TVA, rétablissement d’une ou plusieurs tranches supérieures de l’impôt sur le revenu, augmentation de l’impôt sur les sociétés, harmonisation de la taxation du capital et du travail, mesure concernant l’impôt sur les grandes fortunes, etc., on ne s’étonne pas que 73% des sondés désapprouvent !
En page 13 on trouve l’habituel sondage sur les intentions de votre pour 2012. Je ne détaillerai pas ces résultats dont tout le monde sait l’incertitude, je relèverai seulement que les deux seules questions thématiques (« qui est le mieux placé pour… ? Qui est responsable de… ? ») ne portent, encore une fois, que sur la dette.

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