Deux poids…

mercredi 31 octobre 2012

« Sandy, ouragan historique » titre Le Monde daté du 31 octobre. En effet, du moins en ce qui concerna la côte est des États-unis. Car le fait que l’ouragan ait, les jours précédents, balayé les Caraïbes, fait 51 morts en Haïti, 11 à Cuba, d’autres en Jamaïque, République dominicaine, Puerto Rico et Bahamas, avec des dégâts considérables, tout cela a semblé indifférer le quotidien. Depuis quelques jours, tous les articles (un petit papier le 27 en page six, une photo sur trois colonnes en Une et la moitié de la page sept le 30, 5 colonnes à la Une avec une photo, les pages deux et trois en entier aujourd’hui) ne concernent que les USA, sauf, toujours aujourd’hui, enfin, un petit tiers de la page quatre sous-titré : « Les pays des Caraïbes ont payé le plus lourd tribut humain au passage de l’ouragan ». Mais celui de demain, vu sur Internet, consacre encore un appel avec photo en Une (« La campagne redémarre, malgré le choc Sandy »), toute la page 4 (avec une carte locale) et une partie de la page 5 aux seuls États-unis.
Certes, ce parti pris n’est pas propre au quotidien, comme le faisait remarquer mardi le site Arrêt sur Image. Mais on attendait autre chose du Monde.

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Où est l’oligarque ?

mardi 30 octobre 2012

En page 2 du numéro de ce jour, un article de Joëlle Stolz, titré : « La Hongrie n’a pas de pétrole, mais des terres agricoles » illustré par une photo de Bela Szandelszky, dont la légende est : « Kajaszo (Hongie). Les ″ oligarques ″ ont bénéficié des récentes attributions de terres, au détriment des agriculteurs locaux ».
La dite photo représente ce qui semble être le châssis d’une charrue à disques (″ cover crop ″, pour les spécialistes), auquel est appuyé un homme, semble-t-il en tenue de travail, les bras croisés, dans une attitude qui pourrait évoquer la prière. J’ai cru un moment à une version contemporaine de L’Angélus de Millet !
Mais quel rapport avec l’espèce de lutte des classes agraire dont on nous parle ? On se demande…


En « Une » !

dimanche 21 octobre 2012


Dans le numéro de dimanche-lundi dernier, une interview de Mme Royal par David Ravault d’Allonnes et Thomas Wieder, en page 7. Sont évoqués les premiers mois de la gauche au pouvoir, les inévitables tâtonnements du gouvernement, la nécessité, selon elle, de fixer plus clairement les objectifs. autour du développement de la démocratie, à tous les niveaux. Elle conclut en disant qu’elle veut toujours être utile à son pays.
Rien de bien original, de bien spectaculaire, de bien nouveau, chez celle qui n’est qu’une des responsables des vingt-et-une régions dirigées par la gauche.
Et pourtant, cet article justifie pour Le Monde un titre en « Une », sur cinq colonnes, avec une grande photo, comme un événement majeur de l’actualité du jour.
L’interview d’Harlem Désir en page 11 du numéro du 17 octobre, bien plus brève d’ailleurs, n’avait pas eu cet honneur, n’étant même pas appelée en Une.
Peopolisation ? Opération politique ? On ne saurait dire…


Division ?

jeudi 4 octobre 2012


En page 7 du numéro de ce jour, un titre en bas de page : « Le choc de compétitivité divise les économistes ». Tiens, Le Monde admettrait-il que les politiques économiques officielles ne font pas l’unanimité ?
À lire l’article de Claire Guélaud, on est détrompé. Car de quoi s’agit-il ? Il s’agit de citer tous ceux qui sont favorables à des mesures de baisse du « coût du travail », de manière immédiate ou de manière graduée (la seule « division » se trouve là !). Du côté de ceux qui veulent « marcher sur deux pieds » en favorisant à la fois une politique de l’offre et une politique de la demande, seul est cité Pierre Moscovici.
Or nombreux sont les économistes, en France et ailleurs, qui contestent la pertinence de ce genre de mesure, quelle qu’en soit le mode de mise en œuvre, et qui pensent que le coût du travail n’est pas l’élément principal du niveau de compétitivité. On aurait aimé que ces deux positions qui, elles, divisent vraiment les économistes, soient présentées ici.