C’est tout net, mais… pas très honnête

vendredi 8 février 2013


La rubrique de Marlène Duretz, consacrée à Internet, est parfois amusante, mais toujours très superficielle. Il lui arrive même, comme aujourd’hui, page 28, d’être carrément malhonnête. Exemple :
« La ville de Longyearbyen, en Norvège, et la mairie de Cugnaux, en Haute-Garonne, ont toutes deux interdit à leurs concitoyens de mourir dans leur commune ». Savez-vous pourquoi ? Ce n’est pas en lisant cet article vous apprendrez que ce n’est pas si stupide que ça. Pour Longyearbyen (qui est effectivement en Norvège mais, bien plus précisément, au Spitzberg et ne compte qu’un peu plus de 2 000 habitants), c’est simplement parce que le permafrost arctique ne permet pas aux corps de se décomposer. Pour Cugnaux, l’arrêté a été pris comme une protestation contre l’interdiction d’agrandir le cimetière, comme dans la commune de Sarpourenx, où a été pris un  » arrêté « interdisant » de décéder sur le territoire de sa commune et menaçant les contrevenants de sévère sanction. Le maire entendait ainsi protester contre une décision de justice l’empêchant, au terme de plusieurs années de procédure, d’exproprier un terrain agricole privé de 5 000 m² pour agrandir son cimetière de 900 m². »
Vous ne lirez pas tout ça dans le quotidien, où Marlène Duretz peut alors impunément se moquer des lois « stupides » et « ridicules ».
PS. Quand on donne un nom de site, on s’arrange pour l’orthographier correctement, surtout quand on chronique le net : « Genside.com » n’existe pas, avec ou sans cette majuscule initiale parfaitement incongrue. C’est « Gentside.com » (allez, gardons la majuscule farfelue) qu’il faut taper pour arriver sur ce site branchouille, pas très futé et parfois fâché avec l’orthographe…

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Nouvelle étape… moins chère ?

mardi 20 novembre 2012


Dans le numéro de dimanche-lundi 18-19, en page 15, une pleine page titrée « “Le Monde” nouvelle étape », présente une nième « nouvelle formule » du journal » : « Dès lundi 19 novembre “Le Monde” propose à ses lecteurs de nouveaux rendez-vous dans un journal entièrement imprimé en couleurs ».
Suivent diverses annonces sur les nouvelles caractéristiques du journal, qui semblent arriver en leur temps, malgré un « dès » fort à la mode, mais erroné.
Mais ce que ne texte ne donne pas, hélas, c’est la confirmation de ce qui apparaît dans les deux « Unes » présentées en exemple, avec respectivement des photos d’Obama et de Hollande, à savoir, imprimé avec netteté en haut de ces deux couverture, le prix : 1,40 euros. Divine surprise ! Hélas, non, ce devait être un lapsus : aujourd’hui, j’ai payé 1,60 euros, comme d’hab…
Ça commence mal !


Perseverare diabolicum

mardi 18 septembre 2012


En couverture du numéro daté dimanche-lundi 16-17 septembre, une photo illustrant la conférence environnementale et présentant la ministre Delphine Batho accompagnée d’un Jean-Marc Ayrault (à dessein ?) très flou…
En page 7, sur le même sujet, une autre photo montre François Hollande, souriant, devant le premier ministre (net cette fois-ci), et une jeune femme blonde tellement de trois-quarts arrière qu’on n’est même pas sûr de reconnaître la ministre présente en « Une ».
L’intérêt de ce cliché ne saute évidemment pas aux yeux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là car, stupéfaction, le numéro du lendemain 18 septembre, en page 11, affiche exactement la même photo ratée…
Tout ceci est-il prémédité, ou est-ce l’étourderie d’un metteur en page fatigué ?


Je dirais même plus

samedi 14 juillet 2012


En haut de la page 4 du supplément « Culture et idées » du numéro triplement daté des 14, 15 et 16 juillet, illustrant un long dossier sur Hergé et l’héritage Tintin, une photo représente le dessinateur chez lui, debout, le coude appuyé sur, dit la légende, un « totem du chevalier de Haddock, fétiche arumbaya tiré de l’album L’Oreille cassée« .
Tous les tintinophiles vous le diront (sauf Anne Chemin, l’auteur, qui s’est mal renseignée) il ne s’agit absolument pas de ça, mais d’un totem vu dans Le Trésor de Rackham le Rouge et trouvé par nos héros sur l’île où, 300 plus tôt, l’ancêtre du capitaine Haddock, François de Hadoque, a fait escale, puis a coulé. Le totem est ainsi la trace de son passage, et la preuve que son bateau, donc le trésor, gisent bien sous les eaux voisines. Le « fétiche arumbaya » est fort différent, et il est bien, lui, visible dans L’Oreille cassée, comme on le voit d’ailleurs sur l’image…
La bande dessinée n’est-elle pas un support assez sérieux pour mériter une vérification de ses références ?

Totem Hadoque
Totem Hadoque
Fétiche arumbaya
Fétiche arumbayae

Moebius

mardi 13 mars 2012


En pages 24 et 25, une vaste nécrologie de Jean Giraud/Gir/Moebius. La biographie de Frédéric Potet réussit l’exploit de ne pas prononcer une seule fois le terme de « science-fiction », n’évoquant pudiquement que des « explorations futuristes », et de parler du « ruban du savant Möbius, symbole de l’infini », ce qui est à la fois erroné et à côté de la plaque.
Quant à l’article sur son travail pour le cinéma, signé Aureliano Tonet, il laisse entendre que pour Blade Runner, Ridley Scott a « transposé » « The Long tomorrow », de Moebius, alors que ce dernier en a inspiré l’univers visuel, sur une intrigue due, en fait, à Philip K. Dick.

Tiens, en page 8, une photo illustrant un article sur les demandes d’asile de Hongrois au Canada. En légende : « Des membres de la communautés rom ». Voilà, pour le Monde, il n’y a plus d’individus, il y a plus que des membres de communautés…


Tout est relatif, mais quand même…

mercredi 22 février 2012


Le Monde d’aujourd’hui publie en page 25 une nécrologie du fondateur de la Comex, Henry-Germain Delauze, récemment disparu, où l’on apprend qu’il a préparé à Berkeley, à la fin des années cinquante, un master de géologie marine, sous la direction d’un dénommé Hans-Albert Einstein, « frère du célèbre physicien ».
Toujours la même ignorance des gens dits « cultivés » quand il s’agit de science, même sous l’angle biographique. Albert Einstein n’a jamais eu de frère, seulement une soeur, Maja, née deux ans après lui, et morte quatre ans avant, à ses côtés.
Le dénommé Hans-Albert dont parle Luc Leroux est en fait le fils d’Albert, né en 1904 et mort en 1973, grand spécialiste d’ingénierie hydraulique.


Torchons et serviettes

jeudi 10 novembre 2011


Dans Le Monde Argent d’hier, en haut de la page 2, Patrick Lelong, dont je ne sais s’il est le même que le chroniqueur de France-Info, a raté une occasion de tourner sept fois sa langue dans sa bouche… Il écrit en effet, en notant que notre endettement public atteint 87% du PIB :
« Si la France était une famille, elle devrait saisir d’urgence la commission de surendettement ».
Or le taux d’endettement (et donc éventuellement de surendettement), met en regard chez les ménages les revenus pendant une période donnée et les remboursements à effectuer pendant la même période. On estime à 33% le taux d’endettement au-delà duquel une banque peut refuser de vous ouvrir un crédit. Notre chroniqueur compare ici ce qu’on peut assimiler aux ressources disponibles en France pendant une année, son PIB, avec l’endettement total du pays, en gros un flux avec un stock ou, pour parler plus clair, des torchons avec des serviettes…
Ce qu’il faudrait comparer avec le PIB, ce sont les sommes consacrées tous les ans au remboursement de la dite dette. Or, elles s’élèvent à près de 120 milliards d’euros, soit 6% du PIB ! C’est certes beaucoup, mais on est très loin du surendettement ! Si on voulait appliquer à un ménage le raisonnement un peu rapide de P. Lelong, il faudrait taxer de surendetté tout ménage français bénéficiant d’un revenu annuel de 360 000 euros, et désireux d’emprunter, par exemple pour acheter un logement, une somme supérieure à 120 000 euros !