Trop, c’est trop ?

mercredi 15 mai 2013


Un dessin de Plantu, en Une du numéro du 24 avril, a bien failli me faire interrompre définitivement, et ma lecture régulière du Monde, et donc la rédaction de ce blog.
On le retrouve ici.
On y voit à gauche un rappel de la célèbre admonestation de Sarkozy envers un citoyen quelconque (coiffé d’une casquette ouvrière à l’ancienne, cependant) : « Casse-toi pauv’con ! » ; à droite, Hollande décorant de la Légion d’Honneur un individu muni lui aussi d’une casquette (mais moderne, genre base-ball) et surtout d’une énorme massue plus ou moins cloutée, semblable à une masse d’arme médiévale, le Président lui disant : « Casse, mais pas trop » ; au-dessus, à côté du titre « Amnistie sociale » le même individu (ou son jumeau) démolissant une usine avec la dite massue.
Sur la page du dessinateur, un commentaire dit : « … ce dessin est bien sûr à lire au second degré !!! ». Je n’en crois pas un mot. À côté de ce mauvais jeu de mot, habituel chez Plantu, c’est toute une conception des rapports sociaux qu’on retrouve ici, avec en plus la contre-vérité sur l’attitude de Hollande face à cette amnistie.
Comme le dit le sous-titre de mon blog :  » Le pire des quotidiens français à l’exception de tous les autres… ». Quand j’aurai trouvé mieux, je passerai à l’acte ! Peut-être sur le web (suivez mon regard…), le jour où ça ne m’obligera plus à lire devant mon ordinateur.


L’invité permanent de Plantu

vendredi 23 septembre 2011


Décidément, Plantu fait une fixation sur DSK… Tous ses dessins depuis le week-end dernier mettent celui-ci en scène : le 18-19, il fait la queue dans la foule attendant de visiter l’Élysée pour la journée du Patrimoine ; le 20 on le voit interviewé sur TF1 ; le 21, il assiste aux débats de la crise financière européenne ; le 22, il commente la dite crise au son du « Cri » de Munch ; le 23, il tranquillise Nicolas Sarkozy à propos de la garde à vue ; le 24, enfin (vu sur le net), il contemple les glissades de la droite sur les peaux de bananes des affaires.
On peut s’interroger sur cette manière de maintenir au premier plan de l’actualité un personnage qui y a de moins en moins sa place, au regard des événements graves qui se produisent par ailleurs.


Pour une fois…

jeudi 7 avril 2011

Je ne voudrais pas qu’on croie que je suis un anti-Plantu systématique et primaire… La preuve : je trouve son dessin d’aujourd’hui 7 avril très réussi. Titré : « Le PS veut sortir du nucléaire « , il montre le vieux schéma du système planétaire utilisé dans les années dix pour décrire l’atome nouvellement étudié, mais en remplaçant le noyau par la tête de Martine Aubry et, tournant autour d’elle, les électrons par celles de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Ségolène Royal.
Et même s’il use encore ici d’un procédé qu’il a utilisé jusqu’à la corde, à savoir la juxtaposition de deux thématiques que rien a priori ne rapproche, il en tire aujourd’hui un élément si j’ose dire explosif, et pour une fois le tout est supérieur à la somme des parties.


Tempête

mercredi 3 mars 2010

Mon point de vue sur Plantu ne change pas, surtout quand je peux comparer ce qu’il fait avec le travail de Pessin, sur un sujet identique. Là, il s’agit de la récente tempête.
Plantu titre son dessin, en Une du 3 mars : « Après la tempête, l’enquête », et nous montre, les pieds dans l’eau, Sarkozy et un gendarme, assis derrière un bureau, devant un prévenu attaché à une chaise et qui dit :  » Ben… Heu… J’ai appelé cette tempête Xynthia parce que Cécilia et Carla, c’était déjà pris ».
Pessin, sur une page du site Slate.fr, montre un Zodiac avec à son bord deux personnages, dont un élu reconnaissable à son écharpe ; ils se trouvent devant un bâtiment de l’aménagement du territoire, sur le toit duquel se sont échoués un arbre déraciné, un bateau de pêche et une voiture ; l’un d’entre eux déclare : « J’espère que les permis de construire sont irrécupérables ».
L’un joue sur la « peopolisation » du Président, l’autre évoque ce qui est l’aspect directement politique de cette catastrophe.
C’est la différence…


Redondance

mardi 15 décembre 2009

Parmi les défauts que j’ai reproché à Plantu dans les différents billets que je lui ai consacrés, figure l’aspect redondant de sa production.
Le dessin d’aujourd’hui mardi 15 décembre est, à ce point de vue… caricatural.
Il se décompose en deux cases, toutes deux représentant un gros cube marqué s’un sigle ; dans la case de gauche, le cube est frappé du sigle UDF, dans celle de droite (et il devient alors un carton d’emballage dans lequel se recroqueville un homme barbu) il porte le sigle SDF. A droite, des élus (écharpe tricolore) tendent les bras vers lui avec des cœurs, dans l’autre des élus (sans écharpe !) s’en éloignent en courant.
Jusque là, c’est parfaitement clair. Pourquoi alors faut-il que Plantu nous trouve trop stupides pour comprendre et se sente obligé d’ajouter, au-dessus de chaque case, un commentaire explicatif : à gauche, « Le sigle UDF que tout le monde s’arrache » ; à droite : « Le sigle SDF que tout le monde se refile comme une patate chaude ». Même pas capable, en plus, de mettre ces deux textes en symétrie, avec ce « comme une patate chaude » dissonant et superflu.


Où est passé Pessin ?

mardi 23 juin 2009

Je n’achète pas le Monde le samedi. Je refuse de payer un supplément obligatoire pour « Le Monde2« , qui ne m’intéresse pas, m’opposant ainsi à une « vente forcée », comme le faisait d’ailleurs remarquer fort justement (et en fronçant les sourcils avec sévérité) le quotidien au moment où le Figaro lançait le « FigMag » en 1978. Ce faisant, je ne ratais vraiment qu’une chose à mon goût, le dessin de Pessin, en trois cases, à la fin…
Ce devait être également du goût d’une lectrice, car qu’ai-je trouvé en lisant par hasard chez un ami le numéro du 20 juin, dans le courrier des lecteurs, page 6 ? La question posée en titre de ce billet : « Où est passé Pessin ? » Dans un autre billet, du 4 mars dernier, je m’étonnais de la rareté croissante des dessins de l’intéressé dans les colonnes du journal, et je citais tristement un site qui laissait clairement entendre que le quotidien était en train de se débarrasser des ses principaux dessinateurs, à l’exception notable de Plantu.
Or que répond le Monde2 d’aujourd’hui à cette lectrice ? Un paragraphe lénifiant qui commence par « Rassurez-vous (…) Pessin va bien » (comme si c’était là le fond de la question), et qui continue en disant que le dessinateur a « simplement quitté le journal début mai ». Comme noyage de poisson, on fait difficilement mieux.
La réponse se termine par cette note assez ahurissante : « Ne nous en voulez pas, d’autres dessinateurs viendront bientôt ensoleiller vos week-ends ». « Ensoleiller », comme si on pouvait réduire Pessin à cette fonction bronzante.
Tiens, une fois n’est pas coutume, j’affiche un dessin… Merci, Monsieur Pessin !

SENIOR..


« M » alors…

jeudi 5 mars 2009

Bon, finalement, Pessin n’est pas encore parti puisqu’on peut voir un dessin de lui, en page 14 du numéro du 5 mars. Dessin qui ne restera pas parmi mes préférés, mais c’est sa patte, quand même…
Un bonheur ne venant jamais seul, le Plantu de la « Une » évite, pour une fois, le mariage supposé explosif (mais plus souvent stérile) de la carpe et du lapin, en se concentrant sur un seul sujet : de part et d’autre du mur barbelé séparant Israël de la Palestine (les drapeaux respectifs sont là pour ceux qui n’auraient pas compris) deux groupes de parachutes portent (sans que le sens de leur déplacement soit bien indiqué, mais on le devine) à gauche l’inscription « roquettes », à droite la mention « colonies ». L’ennui c’est qu’un regard rapide permettrait de supposer que pendant que les Palestiniens balancent à leurs vis-à-vis les explosifs qui y sont suspendus, ceux-ci leur expédient… des maisons.
(Sur « M », le « supplément mensuel », je préfère ne pas m’étendre. J’espère que ces 56 pages de bling-bling, où le snobisme ringard va jusqu’à à faire précéder en couverture son numéro (01) du signe anglo-saxon « # » au lieu de « N° » ou « numéro », rapportera, grâce à ses nombreuses pages de publicité de luxe, de quoi financer d’intéressantes enquêtes, de remarquables articles et d’excellents dessinateurs.
On peut rêver…)