Riches

samedi 10 novembre 2012


Dans le numéro du vendredi 9, en page 13, un long article de Denis Cosnard relate les péripéties du drame familial qui a conduit les héritiers Lacoste à céder leur entreprise au groupe helvétique Maus, en expliquant en particulier que certains d’entre eux n’ont pas pu lutter contre le montant considérable de l’offre faite par les suisses.
L’article se termine par un remarque concernant les dits héritiers : « La mort dans l’âme, ils deviendront riches ».
On en viendrait presque à verser une larme sur le sort misérable qui devait être le lot de ces pauvres gens avant la conclusion de l’affaire. Une formule comme « plus riches », sinon même « encore plus riches » aurait été plus exacte, et moins scandaleuse.


Le choix des mots

mercredi 16 novembre 2011


En haut à gauche de la page 14 du numéro daté 16 novembre, un article titré « Les investisseurs s’attaquent à l’Espagne ».
Un investisseur, que je sache, c’est un individu ou une institution qui dépense une certaine quantité d’argent en vue de contribuer au développement d’une activité matérielle ou intellectuelle, aux fins de tirer, au bout d’un certain temps, bénéfice de cette activité. Déjà, le verbe « s’attaquent » paraît bizarre dans ce contexte, et on se demande comment des investisseurs pourraient tirer bénéfice d’une attaque contre un pays…
Mais il ne faut pas aller plus loin que la fin du premier paragraphe pour comprendre que ce que font ici les « investisseurs » c’est… « spéculer ».
On se dit alors que le titre de l’article aurait dû être plutôt : « Les spéculateurs s’attaquent à l’Espagne », ce qui aurait été plus clair, et plus honnête…


Communauté (encore !)

jeudi 28 avril 2011

Un papier en bas de la page 11 du Monde du 27 avril, signé du correspondant à Nice, Paul Barelli, est titré :
« A Nice, une statue du général de Gaulle indigne les pieds-noirs ».
Et il commence ainsi : « La statue monumentale du général de Gaulle qu’entendait ériger à Nice Christian Estrosi, le maire (UMP) est contestée par la communauté pied-noire ».
« Communauté pied-noire » ? On croit rêver. Encore cette manie de faire rentrer tout le monde dans des communautés. Or en lisant l’article, on s’aperçoit en fait qu’il s’agit d’un « collectif d’associations de rapatriés », ou « d’autres associations nationales de rapatriés ». Où est la communauté, là-dedans ? On se le demande…
Né en Afrique du Nord, je peux parfaitement être considéré comme un pied-noir, mais je ne me sens pas du tout membre d’une telle éventuelle communauté, ni d’ailleurs d’aucune autre.
Le Monde est coutumier de cette formulation que je trouve particulièrement biaisée. Je le soulignais déjà ici et
J’ajoute que le titre aurait dû être plutôt « … indigne des pieds-noirs. »


Manque d’efficacité

mardi 26 octobre 2010

Titre en Une du Monde du mardi 26 octobre : « Le grand malaise politique de la justice française » ; premier sous-titre : « Affaire Bettencourt : questions sur le tribunal de grande instance de Nanterre » ; second sous-titre : « Les autres pays sont-ils plus… ». À quel adjectif vous attendriez-vous ? « démocratiques », « équilibrés », « respectueux de l’indépendance de la justice » ? Eh bien pour Le Monde, la bonne question est : « Les autres pays sont-ils plus efficaces ? ». Ce qui manque donc à la justice française dans toute cette affaire, c’est l’efficacité !


Que de trillions…

mardi 10 février 2009

Le Monde de l’économie du 10 février présente en page 2 un long article de Martin Wolf intitulé « Sauver d’abord la demande », où l’on apprend que le FMI a relevé son estimation d’un certain indicateur « de 1,4 trillions de dollars (…) à 2,2 trillions de dollars ».
« Trillions » ? Mais c’est énorme ! Un trillion, c’est mille billions, c’est donc un million de milliards…
Heureusement, dans ce texte signé d’un économiste britannique, citant un rapport du FMI, une parenthèse nous apprend que le premier chiffre correspond à « 1 100 milliards d’euros ». Les trillions en question ne sont donc pas français, mais anglo-saxons, les anglo-étatsuniens n’ayant pas de terme pour « milliards », et passant directement à « billions » (milliards), puis à « trillions » (billions).
La chose a dû échapper au traducteur, Gilles Berton, mais il est vrai que si on avait gardé le même mode d’écriture, l’erreur aurait disparu, 1 100 milliards d’euros correspondant, sans difficulté terminologique, à 1 400 milliards de dollars.
Le Monde est toujours fâché avec les chiffres…


Une vraie copie ?

vendredi 12 décembre 2008

« Le calendrier Pirelli [est] un objet rare et cher » nous dit, en page 28 du numéro du 11 décembre, V.L. (Véronique Lorelle) Certes, et si cher qu’en « 2007, la copie d’un catalogue 2003 par Bruce Weber a atteint aux enchères 13 000 euros ». Bigre, mais, cependant, « la copie » ? On a comme un doute : il y aurait déjà des copies, et vendues aux enchères, sans que Pirelli ne dise rien ? Bizarre. Ne serait-ce pas plutôt « a copy », et cette phrase une traduction littérale (et ici fautive) d’une dépêche en anglais ? Ne s’agirait-il donc pas plutôt d’un… »exemplaire » ?
On le dirait…


Courrier des lecteurs

vendredi 10 octobre 2008

J’avoue ne pas très bien comprendre comment sont choisies les lettres qui figurent dans le « Courrier des lecteurs » du Monde. Un exemple dans le numéro du 10 octobre, p. 19 :
Un lecteur relève dans la page consacrée à Balzac dans le numéro du vendredi précédent, une faute sur le nom du banquier Nucingen, orthographié, fautivement, « Nucinguen ». Coquille, ignorance, je ne sais, mais des erreurs de ce genre, il y en a des centaines par an dans le journal. Pourquoi est-ce précisément cette lettre-là qui a été choisie, sur un point aussi secondaire ? On se le demande.
On se le demande d’autant plus que le lecteur-correcteur continue en déplorant les progrès de ce qu’il appelle, d’un néologisme pas très adroit, « l’inéducation » qui, selon lui, gagne les milieux supposés, dit-il, « acculturés ». J’ai sursauté en lisant ce dernier terme par lequel, j’imagine, il voulait désigner les milieux « cultivés », mais qui signifie en fait toute autre chose, un individu ou un groupe dont la culture est fortement influencée, sinon même détruite, par une culture étrangère. Rien à voir, donc…
Alors, le choix de cette lettre par la rédaction représente-t-il un sincère mea culpa ignorant une autre faute non repérée, ou bien un moyen perfide de désigner un arroseur arrosé ? La question reste ouverte…