Surtout, pas de politique

mardi 2 avril 2013


Un article occupant toute la page 15 dans ce numéro du 2 avril, consacré à « L’autre bataille de Paris », celle qui oppose, en vue de l’élection municipale de 2014, deux candidates à la candidature au sein de l’UMP : Rachida Dati et Nathalie Kosciusko-Morizet.
Intéressant, en effet, de prendre connaissance de deux conceptions différentes, à droite, de la gestion de la capitale, de son avenir. des problèmes que pose le « Grand Paris », des relations avec la banlieue, etc.
Naïf que j’étais : de tout cela, il n’est jamais question sous la plume de Vanessa Schneider : chamailleries, coups fourrés, fâcheries, formules assassines, en gros, nous n’aurons droit qu’à de la politique politicienne « people ».
Une page inutile, pour Le Monde, qui aurait pu la consacrer à bien d’autres sujets bien plus intéressants.


Géomètre incomplète

samedi 12 janvier 2013


En page 10 et dernière du Monde des livres de ce vendredi 11 janvier, l’habituelle pleine page, signée Catherine Simon, et bêtement titrée « Géomètre du souvenir », est consacrée cette fois-ci au livre que Michèle Audin vient de faire paraître sur son père, Jacques Audin, mathématicien communiste, « emmené, torturé et tué » à Alger par des parachutistes français en juin 1957.
Article chaleureux, illustré, pour une fois, d’une très belle photo. Deux remarques, cependant.
On apprend d’abord que cette mathématicienne est spécialiste de « géométrie symplectique », discipline que l’intéressée situe brièvement, mais « non sans perplexité » pour la journaliste. On retrouve ici cette idiosyncrasique distance effrayée des littéraires français pour les mathématiques et plus généralement les sciences. Imagine-t-on un journaliste employer cette formule réticente à l’évocation d’une étude sur Flaubert ou la poésie médiévale ou la peinture de la Renaissance ? Comme souvent, l’ignorance de certains domaines est posée non avec regret ou excuse, mais avec un étonnement légèrement ironique quasi auto-satisfait… On n’en saura d’ailleurs pas plus sur le sujet.
On apprend également que Michèle Audin est membre de l’Oulipo. Derechef, on n’en saura pas davantage. Être coopté à l’Ouvroir n’est pas donné à tout le monde : il faut avoir fait ses preuves, éminemment littéraires. Catherine Simon ne semble pas s’y être intéressée, comme s’il s’agissait d’une sorte d’élection mondaine. Ce qu’a écrit MA pour avoir été ainsi choisie, on n’en saura donc rien. Alors je vous conseille d’aller consulter entre autres, via le site personnel de MA, lui-même passionnant, ce texte hilarant et, je trouve, très pérecien.
L’article rappelle également que, le Président Sarkozy n’ayant pas daigné répondre à un courrier de la mère de MA, réclamant la vérité sur le sort de son mari, Michèle Audin, proposée pour la Légion d’honneur, l’a refusée. Sacrée bonne femme !


Tous les sports ?

mardi 18 décembre 2012


Même si l’on n’est pas abonné, le site du Monde permet de consulter sur écran, via un affichage assez flou, les pages du journal des trente derniers jours.
C’est ce que j’ai fait, entre le 8 novembre et aujourd’hui, voulant vérifier un soupçon que j’avais. Le quotidien présente dans l’édition WE (celle que je n’achète pas à cause de la présence du très cher catalogue publicitaire bling-bling nommé « M ») un cahier titré « Sport et forme », plutôt intéressant, mais prenant de la distance par rapport à l’actualité immédiate. Pour suivre cette dernière, on pourrait croire qu’il suffit de lire le quotidien tous les jours. Que nenni, et pour deux raisons :
qu’il neige ou qu’il vente, et quels que soient les événements sportifs en cours, seul le numéro du mardi présente une page « Sports » : à croire que rien ne se passe en dehors du week-end.
La seconde raison est la suivante : cette page (unique) du mardi n’est pas très variée : elle se présente toujours sous la forme suivante : un gros article en tête de page, un, ou rarement deux, petits articles en pied. Eh bien, sur six « gros » articles que j’ai recensés sur six semaines, quatre sont consacrés au football (dont 2 au seul PSG) et deux au cyclisme. Vive la diversité, bienvenue aux sportS !
Mise à jour du 10 janvier : il n’y a pas eu de « mardis » le 25 et le 31, les numéros doubles du dimanche étant devenus triples !. Du coup, nous voilà à attendre le mardi 8 janvier où, surprise, nous trouvons, pour le « gros » article rituel… du football !


Alep, Syrie

vendredi 10 août 2012

Un titre en Une, et la page 3 entière, sous la signature de Christophe Ayad, pour décrire la « bataille d’Alep » qui a lieu en ce moment.
En prime une carte très détaillée présentant la localisation des différents quartiers, des événements majeurs de ces dernières semaines, des endroits stratégiques, et les caractéristiques des populations. Très intéressant.
Un seul détail manque pour donner une idée de l’échelle démographique, et donc de la gravité de la situation, aux ignorants que nous sommes presque tous, moi le premier : Alep, combien d’habitants ? Eh bien, ce n’est pas Le Monde qui vous l’apprendra. Il se contentera de vous dire qu’il s’agit de la « deuxième ville du pays » (et « la plus peuplée », ce qui paraît un peu contradictoire). Quand vous aurez trouvé l’information à d’autres sources, vous serez surpris, et comprendrez à quel point cette « bataille » est d’envergure. Selon Wikipédia, Alep compte 1 693 308 habitants (en 2009). Wikipedia en anglais donne 2 132 100 (au recensement de 2004). D’autres sites donnent 1 602 264 habitants.
Bref, ce n’est pas une bourgade, on s’en doutait un peu, mais on aurait aimé le savoir avec un peu plus de précision…


Toujours la dette…

vendredi 11 novembre 2011


Toujours la dette, en effet.
En « Une » du numéro d’aujourd’hui, un titre et un graphique. Le titre : « Après la Grèce et l’Italie, la France ? ». (On peut, en passant, s’interroger sur l’effet psychologique d’une telle proclamation sur « les marchés », compte tenu des effets éventuellement auto-réalisateurs de certaines prophéties).
Le graphique, quant à lui, présente sous forme de carrés de couleurs, les montants des dettes des trois pays cités (Grèce : 366 milliards d’euros ; Italie : 1 934, France : 1 727) et, à l’échelle, celui du fonds de stabilité 1 000).
On s’interroge cependant sur l’absence d’un quatrième carré qui, en contradiction avec le sens du titre, représenterait… l’Allemagne ! Ce serait le plus gros, avec un montant supérieur à 2 000 milliards d’euros.
Pourquoi ce silence ?


Vous avez bien dit Europe ferroviaire ?

mardi 8 novembre 2011


« Journée de grève à la SNCF contre les projets européens de libéralisation » titre Le Monde en page 21, sous la signature de Philippe Jacquet.
Un bref paragraphe précise que cette action « s’inscrit dans le cadre d’une journée d’action européenne contre la libéralisation du système ferroviaire, organisée par la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) ».
Et de nous décrire, après l’annonce d’un trafic « légèrement perturbé », les raisons pour lesquelles les syndicats français appellent à cesser le travail ce jour, décrivant en particulier les différentes étapes, passées et futures, de la dite libéralisation.
« Journée européenne » avez-vous dit ? On pourrait s’attendre à des déclarations des responsables de cette ETF (dont on ne nous dit pas qu’elle rassemble des cheminots de 41 pays européens), ou bien à un panorama des diverse formes d’actions proposées pour cette journée à travers les différents pays européens : ce n’est pas si souvent qu’une initiative syndicale dépasse le cadre des frontières nationales…
Eh bien non, vous n’en saurez rien (et Le Monde du lendemain 9 novembre, consulté sur Internet, ne vous en dira pas plus) : on en restera à un habituel compte-rendu franco-français sans grand intérêt.


« Les députés »

mercredi 18 novembre 2009

Titre en Une du Monde daté du 18 novembre : « Les députés vont durcir la loi sur la rétention de sûreté ». L’article commence : « Les députés s’apprêtent à durcir encore… » Titre correspondant de la page 12 : « Loi sur la récidive : les députés veulent étendre la surveillance de sûreté » On trouve encore ailleurs dans le corps de l’article cette référence collective. Dans l’ensemble du texte, deux occurrences seulement du terme « Assemblée Nationale ».
Car, qu’on le sache, ce projet ne va pas être adopté par tous les députés, mais par l’Assemblée en tant que telle, via sa majorité, et certainement pas par les élus de l’opposition. D’ailleurs Le Monde ne dit pas un mot de la position de ceux-ci. Il faut aller ailleurs pour apprendre que PS tout autant que PC et les Verts sont opposés à ce projet.
Il aurait été plus juste de parler des « députés de la majorité ».