Toujours la dette…

vendredi 11 novembre 2011


Toujours la dette, en effet.
En « Une » du numéro d’aujourd’hui, un titre et un graphique. Le titre : « Après la Grèce et l’Italie, la France ? ». (On peut, en passant, s’interroger sur l’effet psychologique d’une telle proclamation sur « les marchés », compte tenu des effets éventuellement auto-réalisateurs de certaines prophéties).
Le graphique, quant à lui, présente sous forme de carrés de couleurs, les montants des dettes des trois pays cités (Grèce : 366 milliards d’euros ; Italie : 1 934, France : 1 727) et, à l’échelle, celui du fonds de stabilité 1 000).
On s’interroge cependant sur l’absence d’un quatrième carré qui, en contradiction avec le sens du titre, représenterait… l’Allemagne ! Ce serait le plus gros, avec un montant supérieur à 2 000 milliards d’euros.
Pourquoi ce silence ?

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Torchons et serviettes

jeudi 10 novembre 2011


Dans Le Monde Argent d’hier, en haut de la page 2, Patrick Lelong, dont je ne sais s’il est le même que le chroniqueur de France-Info, a raté une occasion de tourner sept fois sa langue dans sa bouche… Il écrit en effet, en notant que notre endettement public atteint 87% du PIB :
« Si la France était une famille, elle devrait saisir d’urgence la commission de surendettement ».
Or le taux d’endettement (et donc éventuellement de surendettement), met en regard chez les ménages les revenus pendant une période donnée et les remboursements à effectuer pendant la même période. On estime à 33% le taux d’endettement au-delà duquel une banque peut refuser de vous ouvrir un crédit. Notre chroniqueur compare ici ce qu’on peut assimiler aux ressources disponibles en France pendant une année, son PIB, avec l’endettement total du pays, en gros un flux avec un stock ou, pour parler plus clair, des torchons avec des serviettes…
Ce qu’il faudrait comparer avec le PIB, ce sont les sommes consacrées tous les ans au remboursement de la dite dette. Or, elles s’élèvent à près de 120 milliards d’euros, soit 6% du PIB ! C’est certes beaucoup, mais on est très loin du surendettement ! Si on voulait appliquer à un ménage le raisonnement un peu rapide de P. Lelong, il faudrait taxer de surendetté tout ménage français bénéficiant d’un revenu annuel de 360 000 euros, et désireux d’emprunter, par exemple pour acheter un logement, une somme supérieure à 120 000 euros !