Comparaison (encore)

mardi 4 mai 2010

Décidément, les nécrologies du Monde posent problème : dans le numéro daté du 4 mai, à part deux entrefilets consacrés à des morts plus obscurs, l’habituelle pleine page(p.  26) propose quatre colonnes et une photo à Jean-Louis Dumas, dirigeant de la maison Hermès, mort le 1er mai, mais seulement une colonne à Denis Guedj, mathématicien, vulgarisateur, écrivain, décédé la semaine précédente, le 24 avril. C’est dire l’importance relative qu’accorde le journal, d’un côté à un capitaliste de luxe, de l’autre à un remarquable professeur et savant.
Le même numéro, en page 12, présente la liste effrayante des mesures d’austérité que va imposer le gouvernement grec à son peuple, et apparemment pas à sa fraction la plus aisée. Il fait précéder cette présentation de la phrase : « Habitués jusque-là à dépenser sans compter, les Grecs vont devoir apprendre à faire l’inverse. » Rappelons que le revenu national net par tête de la Grèce en 2007 était le 24ème des pays de l’OCDE…

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Nécrologies

lundi 30 novembre 2009

Dans Le Monde daté 29-30 novembre, des nécrologies sur une pleine page. Quatre disparus sont ainsi honorés : un chorégraphe réputé, George Zoritch, sur une demi-colonne ; l’épouse et collaboratrice de Christo, Jeanne-Claude, un quart de colonne ; H.C. Robbins Landon, musicologue de renommée mondiale, spécialiste de Haydn, l’équivalent de deux demi-colonnes avec une petite photo ; enfin, Charles Barrier, « chef cuisinier, restaurateur » près de Tours, plus d’une demi-page avec une grande photo : une bonne moitié du texte est consacrée à la façon dont le chef fabriquait son propre pain et l’accordait à ses plats… Je suis fort respectueux de l’art culinaire (bien que mes moyens ne me permettent pas de profiter de ses chefs-d’œuvre comme je peux le faire pour la peinture, la musique ou la littérature), mais je trouve quand même cette répartition assez outrée. D’ailleurs, je l’avais déjà remarqué ici le journal consacre de plus en plus de place à honorer les grands et surtout les petits défunts : les nécrologies doivent être des exercices peux coûteux et, comme on le voit, fort visibles.
Mise à jour :
La preuve : le lendemain 2 décembre, nouvelle pleine page, l’essentiel étant consacré à un peu connu Compagnon de la Libération algérois, ce qui donne au nécrologue, Thomas Wieder, l’occasion de développer fort longuement l’épisode du débarquement des troupes US à Alger en novembre 1942, avec une savoureuse « perle » : « Baptisée « Torch », l’opération n’en reste pas moins très risquée ». Une petite et ancienne photo du défunt voisine, sans doute encore pour occuper l’espace, avec un grand cliché représentant des GIs dans les rues d’Alger…
Le 3 décembre, on continue avec une autre pleine page, où l’on trouve l’épouse d’Henri Dutilleux, la pianiste Geneviève Joy, un alpiniste italien et surtout, toujours avec une énorme photo, la poétesse italienne Alda Merini, dont les funérailles nationales ont été célébrées à Milan le… 4 novembre.


La vie brève (suite…)

samedi 18 octobre 2008

J’ai déjà parlé ici (21/10/07, 09/11/2007, 20/03/08) des nécrologies du Monde, en particulier des chronologies très succinctes qui accompagnent chacune d’elles. Le numéro du 18 octobre m’offre une nouvelle occasion de le faire…
Une colonne est consacrée à William Claxton, photographe spécialisé dans le jazz. Voici, intégralement, la chronologie qui l’accompagne :

12 octobre 1927 Naissance à Pasadena (Californie)
11 octobre 2008 Mort à Los Angeles (Californie)

On ne peut guère faire moins, ni moins informatif…
Je note que le quotidien nous donne de plus en plus de nécrologies de plus en plus longues de personnages de plus en plus inconnus.


Clarke n’est pas mort !

jeudi 20 mars 2008

J’ai appris la mort de l’écrivain Arthur C. Clarke mardi 18 en fin de soirée, sur une liste d’information de science-fiction. Le message faisait référence à une page récente du site de la BBC, au même moment le site d’USA Today faisait une présentation très complète avec de nombreux documents, et mercredi Libération publiait un long article. J’imaginais que le Monde passerait au moins une brève dans l’édition du jeudi paraissant mercredi 19 dans la journée : rien, pas une ligne.
Je m’apprêtais donc à lire, dans l’édition de vendredi 21 paraissant jeudi dans la journée, une de ces longues nécrologies qu’affectionne maintenant le quotidien ; j’y ai trouvé entre autres celle du réalisateur Anthony Minghella, « grande figure de la vie culturelle britannique », celle de Chiara Lubich fondatrice d’un mouvement qui rassemblait « des laïcs, des religieux et des prêtres » ou celle de la première femme à avoir présidé le Bundestag, mais rien sur Clarke. Rien d’autre d’ailleurs, dans ce numéro, aucune brève, aucune dépêche. Je viens d’interroger le site du journal, ce jeudi soir un peu avant minuit : toujours le même silence.
Ainsi, plus de 48 heures après la disparition d’une figure majeure de ce qui a été un des genres littéraires emblématiques du XXe siècle, les lecteurs du Monde n’en savent toujours rien. Bravo…

Mise à jour ce vendredi 21 vers 19 h : enfin le site du Monde vient de se décider à parler de la mort de Clarke, via une dépêche signée « LEMONDE.FR avec AFP » et curieusement datée du 19-03 à 8h51 (je maintiens qu’en début d’après-midi aujourd’hui, il n’y avait toujours rien…) J’ajoute d’ailleurs qu’en revanche les lecteurs de l’édition papier n’auront, eux, pas eu cette information : pas un mot dans le numéro daté du 22 !

Nouvelle mise à jour, samedi 22, fin d’après midi. Enfin ! Une nécrologie importante (plus d’une demi-page) en page 15, signée Jean-François Augereau, et illustrée d’une photo. Le Monde aura ainsi mis quatre jours à informer les lecteurs de sa version papier de cet événement, et à le commenter.


Qui morituri…

vendredi 9 novembre 2007

Depuis quelques temps, pour Le Monde, la mort frappe plus spectaculairement !
La rubrique « Disparitions », déjà célèbre pour proposer des résumés cocasses, devient petit à petit obèse : il lui faut maintenant une page entière, sans, si j’ose dire, que le gabarit des morts le justifie toujours…
Le numéro du 8 novembre nous offre, sur presque trois quarts de la page, le souvenir du pilote de l’Enola Gay qui pulvérisa Hiroshima, plus que pour Andreï Moïesseïev, fondateur et patron des très kitch ballets du même nom, ainsi qu’un médaillé US des Jeux olympiques de Berlin de 1936 (certes Noir, ce qui n’avait pas plu à Hitler, mais enfin…).
Celui des 28-29 octobre consacrait plus de deux-tiers de pages à une célèbre (?) galeriste et marchande d’art, mais une grosse vingtaine de lignes à un ancien ministre.
Celui du 31/10 donnait presque trois quart de la page à un des « fondateurs du pop art britannique », confinant sur une colonne le découvreur de l’ADN polymérase, prix Nobel de médecine en 1959.
Tout ceci ne paraît pas très cohérent…


La vie brève…

dimanche 21 octobre 2007

Nécrologie de l’actrice Déborah Kerr, dans le numéro du 21-22 octobre, page 18, sous la signature de Thomas Sotinel.
Une biographie assez longue et détaillée, accompagnée du petit encart de résumé. Celui-ci se limite à quatre dates :

30 septembre 1921 : Naissance à Argyle and Bute (Ecosse)
1969 : Cesse de tourner pour le cinéma
1994 : Reçoit un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière
16 octobre 2007 : Mort

Il est quand même assez bizarre de voir la vie de quelqu’un qui a compté dans l’histoire du 7ème Art résumée, entre sa naissance et sa mort, par la mention d’une récompense finale (on n’ose dire posthume) et la date où elle avait arrêté de tourner.