Trop, c’est trop ?

mercredi 15 mai 2013


Un dessin de Plantu, en Une du numéro du 24 avril, a bien failli me faire interrompre définitivement, et ma lecture régulière du Monde, et donc la rédaction de ce blog.
On le retrouve ici.
On y voit à gauche un rappel de la célèbre admonestation de Sarkozy envers un citoyen quelconque (coiffé d’une casquette ouvrière à l’ancienne, cependant) : « Casse-toi pauv’con ! » ; à droite, Hollande décorant de la Légion d’Honneur un individu muni lui aussi d’une casquette (mais moderne, genre base-ball) et surtout d’une énorme massue plus ou moins cloutée, semblable à une masse d’arme médiévale, le Président lui disant : « Casse, mais pas trop » ; au-dessus, à côté du titre « Amnistie sociale » le même individu (ou son jumeau) démolissant une usine avec la dite massue.
Sur la page du dessinateur, un commentaire dit : « … ce dessin est bien sûr à lire au second degré !!! ». Je n’en crois pas un mot. À côté de ce mauvais jeu de mot, habituel chez Plantu, c’est toute une conception des rapports sociaux qu’on retrouve ici, avec en plus la contre-vérité sur l’attitude de Hollande face à cette amnistie.
Comme le dit le sous-titre de mon blog :  » Le pire des quotidiens français à l’exception de tous les autres… ». Quand j’aurai trouvé mieux, je passerai à l’acte ! Peut-être sur le web (suivez mon regard…), le jour où ça ne m’obligera plus à lire devant mon ordinateur.

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Plantu, les femmes et l’olympisme

mercredi 8 août 2012


Je reviens sur le numéro d’hier, où le dessin de Plantu en Une m’avait échappé. Rappel du texte :
« La saoudienne arrive voilée sur le tatami, tout le monde en parle ; le Jamaïcain fait le signe de croix… », sous-entendu : « personne ne dit rien ». Le tout pendant que, dans un coin, un Dieu barbu ferme les yeux.
Devant cet invraisemblable parallèle, quelques questions au dessinateur politiquement correct :
1. Usain Bolt est-il obligé par sa fédération de faire ce signe ?
2. La mère d’Usain Bolt a-t-elle menacé les organisateurs de le retirer de la compétition s’il n’avait pas le droit de le faire ?
3. Usain Bolt doit-il être toujours accompagné par sa mère ou par une de ses soeurs ?
4. La fédération jamaïcaine a-t-elle demandé (demande refusée) qu’Usain Bolt ne soit pas soumis à la mixité dans l’environnement olympique ?
Or toutes choses égales par ailleurs, c’est ce qui s’est passé pour la jeune Saoudienne. Alors il ne faut pas s’étonner que l’on parle d’elle à ce sujet, et pas du Jamaïcain.
Cet aveuglement face au camouflage de l’oppression sexuelle derrière des arguments prétendant au respect envers les religions ou les civilisations m’exaspère et surtout m’inquiète…


L’invité permanent de Plantu

vendredi 23 septembre 2011


Décidément, Plantu fait une fixation sur DSK… Tous ses dessins depuis le week-end dernier mettent celui-ci en scène : le 18-19, il fait la queue dans la foule attendant de visiter l’Élysée pour la journée du Patrimoine ; le 20 on le voit interviewé sur TF1 ; le 21, il assiste aux débats de la crise financière européenne ; le 22, il commente la dite crise au son du « Cri » de Munch ; le 23, il tranquillise Nicolas Sarkozy à propos de la garde à vue ; le 24, enfin (vu sur le net), il contemple les glissades de la droite sur les peaux de bananes des affaires.
On peut s’interroger sur cette manière de maintenir au premier plan de l’actualité un personnage qui y a de moins en moins sa place, au regard des événements graves qui se produisent par ailleurs.


Pour une fois…

jeudi 7 avril 2011

Je ne voudrais pas qu’on croie que je suis un anti-Plantu systématique et primaire… La preuve : je trouve son dessin d’aujourd’hui 7 avril très réussi. Titré : « Le PS veut sortir du nucléaire « , il montre le vieux schéma du système planétaire utilisé dans les années dix pour décrire l’atome nouvellement étudié, mais en remplaçant le noyau par la tête de Martine Aubry et, tournant autour d’elle, les électrons par celles de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Ségolène Royal.
Et même s’il use encore ici d’un procédé qu’il a utilisé jusqu’à la corde, à savoir la juxtaposition de deux thématiques que rien a priori ne rapproche, il en tire aujourd’hui un élément si j’ose dire explosif, et pour une fois le tout est supérieur à la somme des parties.


Redondance

mardi 15 décembre 2009

Parmi les défauts que j’ai reproché à Plantu dans les différents billets que je lui ai consacrés, figure l’aspect redondant de sa production.
Le dessin d’aujourd’hui mardi 15 décembre est, à ce point de vue… caricatural.
Il se décompose en deux cases, toutes deux représentant un gros cube marqué s’un sigle ; dans la case de gauche, le cube est frappé du sigle UDF, dans celle de droite (et il devient alors un carton d’emballage dans lequel se recroqueville un homme barbu) il porte le sigle SDF. A droite, des élus (écharpe tricolore) tendent les bras vers lui avec des cœurs, dans l’autre des élus (sans écharpe !) s’en éloignent en courant.
Jusque là, c’est parfaitement clair. Pourquoi alors faut-il que Plantu nous trouve trop stupides pour comprendre et se sente obligé d’ajouter, au-dessus de chaque case, un commentaire explicatif : à gauche, « Le sigle UDF que tout le monde s’arrache » ; à droite : « Le sigle SDF que tout le monde se refile comme une patate chaude ». Même pas capable, en plus, de mettre ces deux textes en symétrie, avec ce « comme une patate chaude » dissonant et superflu.


« M » alors…

jeudi 5 mars 2009

Bon, finalement, Pessin n’est pas encore parti puisqu’on peut voir un dessin de lui, en page 14 du numéro du 5 mars. Dessin qui ne restera pas parmi mes préférés, mais c’est sa patte, quand même…
Un bonheur ne venant jamais seul, le Plantu de la « Une » évite, pour une fois, le mariage supposé explosif (mais plus souvent stérile) de la carpe et du lapin, en se concentrant sur un seul sujet : de part et d’autre du mur barbelé séparant Israël de la Palestine (les drapeaux respectifs sont là pour ceux qui n’auraient pas compris) deux groupes de parachutes portent (sans que le sens de leur déplacement soit bien indiqué, mais on le devine) à gauche l’inscription « roquettes », à droite la mention « colonies ». L’ennui c’est qu’un regard rapide permettrait de supposer que pendant que les Palestiniens balancent à leurs vis-à-vis les explosifs qui y sont suspendus, ceux-ci leur expédient… des maisons.
(Sur « M », le « supplément mensuel », je préfère ne pas m’étendre. J’espère que ces 56 pages de bling-bling, où le snobisme ringard va jusqu’à à faire précéder en couverture son numéro (01) du signe anglo-saxon « # » au lieu de « N° » ou « numéro », rapportera, grâce à ses nombreuses pages de publicité de luxe, de quoi financer d’intéressantes enquêtes, de remarquables articles et d’excellents dessinateurs.
On peut rêver…)


Deux dessins…

jeudi 20 novembre 2008

Le Monde daté du vendredi 21 novembre 2008.
En haut de la « Une », l’endroit le plus visible d’un quotidien, celui que l’on voit de loin au sommet des piles d’exemplaires, un dessin de Plantu. Le titre : « Patrons Les excès des bonus en question ». En dessous, un énorme « patron » reconnaissable à son cigare (et son noeud papillon ?), portant sur le thorax ce qu’au bout d’un moment de perplexité, on finit par reconnaître (à cause de la couleur jaunâtre) comme étant un parachute doré (il lui en échappe un autre, plus petit) et au-dessus un parapluie, marqué « Bonus » (un autre parapluie, marqué de même, s’envole également derrière lui). Ce patron participe en fait à un défilé de mode (le mot est affiché dans un cadre rouge, en haut du dessin), sous les flashes des photographes et en éparpillant sur le tapis rouge des petits ouvriers à casquette, pendant qu’une rédactrice de mode fort fardée annonce les « tendances » : « Cette année, le patron se portera sans accessoires inutiles : moins de parachutes dorés, moins de bonus, moins d’ouvriers ». Bavardage, redondance entre texte et dessin, l’habituelle technique ressassée du rapprochement de sujets a priori étrangers l’un à l’autre, et aucune signification nouvelle ne sort de tout ça.
Au milieu de la page 2, bien caché, un autre dessin. Le titre : « Effectif, par Pessin ». En-dessous, une manif, quelques silhouettes esquissées, des pancartes, vides, ou à peine lisibles : « Education », « Des moyens pour l’école ». Derrière, rejoignant la manif, une personnage portant un enfant et une pancarte, et clamant : « Des moyens pour le service minimum ». Presque rien, mais en trois coups de crayon et une réplique à contre-pied, toute l’absurdité d’un système.