Parmi les défauts que j’ai reproché à Plantu dans les différents billets que je lui ai consacrés, figure l’aspect redondant de sa production.
Le dessin d’aujourd’hui mardi 15 décembre est, à ce point de vue… caricatural.
Il se décompose en deux cases, toutes deux représentant un gros cube marqué s’un sigle ; dans la case de gauche, le cube est frappé du sigle UDF, dans celle de droite (et il devient alors un carton d’emballage dans lequel se recroqueville un homme barbu) il porte le sigle SDF. A droite, des élus (écharpe tricolore) tendent les bras vers lui avec des cœurs, dans l’autre des élus (sans écharpe !) s’en éloignent en courant.
Jusque là, c’est parfaitement clair. Pourquoi alors faut-il que Plantu nous trouve trop stupides pour comprendre et se sente obligé d’ajouter, au-dessus de chaque case, un commentaire explicatif : à gauche, “Le sigle UDF que tout le monde s’arrache” ; à droite : “Le sigle SDF que tout le monde se refile comme une patate chaude”. Même pas capable, en plus, de mettre ces deux textes en symétrie, avec ce “comme une patate chaude” dissonant et superflu.
Redondance
Mardi 15 décembre 2009Nécrologies
Lundi 30 novembre 2009Dans Le Monde daté 29-30 novembre, des nécrologies sur une pleine page. Quatre disparus sont ainsi honorés : un chorégraphe réputé, George Zoritch, sur une demi-colonne ; l’épouse et collaboratrice de Christo, Jeanne-Claude, un quart de colonne ; H.C. Robbins Landon, musicologue de renommée mondiale, spécialiste de Haydn, l’équivalent de deux demi-colonnes avec une petite photo ; enfin, Charles Barrier, “chef cuisinier, restaurateur” près de Tours, plus d’une demi-page avec une grande photo : une bonne moitié du texte est consacrée à la façon dont le chef fabriquait son propre pain et l’accordait à ses plats… Je suis fort respectueux de l’art culinaire (bien que mes moyens ne me permettent pas de profiter de ses chefs-d’œuvre comme je peux le faire pour la peinture, la musique ou la littérature), mais je trouve quand même cette répartition assez outrée. D’ailleurs, je l’avais déjà remarqué ici le journal consacre de plus en plus de place à honorer les grands et surtout les petits défunts : les nécrologies doivent être des exercices peux coûteux et, comme on le voit, fort visibles.
Mise à jour :
La preuve : le lendemain 2 décembre, nouvelle pleine page, l’essentiel étant consacré à un peu connu Compagnon de la Libération algérois, ce qui donne au nécrologue, Thomas Wieder, l’occasion de développer fort longuement l’épisode du débarquement des troupes US à Alger en novembre 1942, avec une savoureuse “perle” : « Baptisée “Torch”, l’opération n’en reste pas moins très risquée ». Une petite et ancienne photo du défunt voisine, sans doute encore pour occuper l’espace, avec un grand cliché représentant des GIs dans les rues d’Alger…
Le 3 décembre, on continue avec une autre pleine page, où l’on trouve l’épouse d’Henri Dutilleux, la pianiste Geneviève Joy, un alpiniste italien et surtout, toujours avec une énorme photo, la poétesse italienne Alda Merini, dont les funérailles nationales ont été célébrées à Milan le… 4 novembre.
“Les députés”
Mercredi 18 novembre 2009Titre en Une du Monde daté du 18 novembre : « Les députés vont durcir la loi sur la rétention de sûreté ». L’article commence : « Les députés s’apprêtent à durcir encore… » Titre correspondant de la page 12 : « Loi sur la récidive : les députés veulent étendre la surveillance de sûreté » On trouve encore ailleurs dans le corps de l’article cette référence collective. Dans l’ensemble du texte, deux occurrences seulement du terme “Assemblée Nationale”.
Car, qu’on le sache, ce projet ne va pas être adopté par tous les députés, mais par l’Assemblée en tant que telle, via sa majorité, et certainement pas par les élus de l’opposition. D’ailleurs Le Monde ne dit pas un mot de la position de ceux-ci. Il faut aller ailleurs pour apprendre que PS tout autant que PC et les Verts sont opposés à ce projet.
Il aurait été plus juste de parler des “députés de la majorité”.
Nez pincé…
Mercredi 11 novembre 2009Une page entière, la page 21 de ce numéro daté du 11 novembre, est consacrée à l’écrivain Bernard Werber.
Béatrice Gurrey l’a interviewé dans son appartement “neuf et nu”, et nous parle de sa méthode de travail, de ses diverses activités et surtout de ses surabondants tirages.
Jusque là tout va bien, sinon qu’on ne saura rien de ce qu’il écrit, à part quelques éléments de son dernier livre. Seule allusion, ô combien méprisante : ” Évidemment, ceux qui apprécient Huysmans, Claudel ou Gracq peuvent passer leur chemin “. D’ailleurs, pourquoi ceux-là particulièrement ? On ne sait. En tout cas, il y a quelque chose qui traverse presque toute l’oeuvre de BW, d’une manière toute personnelle mais indéniable, c’est la science-fiction.
Mais, silence : le mot interdit ne sera pas prononcé.Suite à des commentaires, j’ajoute que cette interview était plutôt un compte-rendu de rencontre avec quelques citations et que, s’il n’y est pas parlé de SF, c’est que la journaliste n’est jamais venue sur ce terrain. Ce n’est donc pas l’auteur qui est en cause.
On peut lire l’article ici.
Des correcteurs, SVP !
Jeudi 29 octobre 2009En page 5 du numéro d’aujourd’hui, une présentation par Paul Benkimoun des grandes lignes du dernier rapport de l’OMS sur les principaux facteurs de mortalité dans le monde, résumées dans un tableau.
On apprend dans celui-ci que dans les pays à hauts revenus, l’Hyperglycémie est à la fois le deuxième (16,8% du nombre de morts) et le cinquième (7,0%) facteur de mortalité. Un peu beaucoup pour un seul facteur !
En fait, il s’agit, en deuxième rang, de l’hypertension, comme l’indique l’original, facile à trouver sur une page web qu’il suffit de traduire de l’anglais. Encore faudrait-il le faire correctement, “Indoor smoke from solid fuels” devenant “Inhalation de fumée de combustibles solides”. Est-ce si difficile d’avoir des correcteurs ?
J’ajoute d’ailleurs que je suis un peu perplexe de voir figurer indifféremment dans le tableau des causes (Tabagisme, Manque d’eau, Rapports sexuels à risque, par exemple) et des conséquences (Hypercholestérolémie, Hypertension artérielle). Il s’agit là de la responsabilité de l’organisation, mais on s’étonne que Le Monde ne s’en étonne pas…
Puisqu’il est question de correcteur, celui-ci aurait pu signaler que dans l’article de M. Roche, en bas de page 3, le trader milliardaire Marc Rich s’exprime “dans un anglais légèrement teinté d’accent allemand”, mais qu’il “n’a cessé de vouvoyer son interlocuteur”. Difficile, dans la langue de Shakespeare, non ?
Débat ?
Jeudi 8 octobre 2009En page 10 du numéro d’aujourd’hui, un entretien avec le sociologue Éric Maurin, auteur du livre La Peur du déclassement (“Un livre décapant et passionnant”, écrivent les interviewers, Luc Bronner et Catherine Rollot) sous le titre : « Toute réforme sera perçue comme une remise en cause d’un statut acquis ».
L’interviewé insiste sur la dichotomie, pour lui essentielle, entre les catégories “protégées” et celles qui ne le sont pas.
Quatre personnalités ont été appelées pour présenter leur “regard” sur l’ouvrage : la représentante du patronat, un syndicaliste, deux politiques (un de l’UMP, et un du PS). Une grande diversité, donc. Et ces “regards” sont contrastés. Sauf qu’aucun d’entre eux ne remet en cause le fait que le clivage passerait entre diverses couches de la population dont certaines seraient protégées, donc favorisées, essentiellement entre les salariés à statut (principalement les fonctionnaires) et les autres, tarte à la crème du politiquement correct de ces dernières années.
On ne s’étonnera pas de trouver Mme Parisot et M. Bertrand dans ces avis convergents. On ne s’étonnera pas non plus, hélas, d’y trouver aussi François Chérèque et Manuel Valls, ce dernier semblant être le plus enthousiaste.
Le Monde n’a pas jugé utile d’ouvrir un peu l’éventail de ces “regards” vraiment très consensuels…
Assassin !
Vendredi 18 septembre 2009Il m’arrive souvent dans ce blogue de montrer du doigt des titres mal fagotés, ou des photos inadéquates. Le Monde d’aujourd’hui me donne l’occasion de joindre les deux.
Un titre en haut à droite de la Une nous dit : “Il voulait tuer Chirac, le président a voulu comprendre”. Sous le titre, une photo montre l’ancien président de la République suivi de près par Jean-Pierre Raffarin.
Tel que, on ne peut en tirer qu’une conclusion : c’est bien l’ancien premier Ministre qui a voulu trucider le chef de l’État !
PS. Toujours un problème de titre, en page 4, à propos de la grippe A : ” Le gouvernement promet la transparence sur l’évaluation des effets des vaccins afin de rassurer la population “.
Savoir d’avance qu’une évaluation à venir pourra à coup sûr “rassurer la population” met fortement en doute la valeur de cette évaluation ainsi que sa transparence, et donc les raisons pour la dite population d’être rassurée !
Rupture…
Mercredi 16 septembre 2009On lit en bas de la page 7 du numéro d’aujourd’hui, 16 septembre, le titre suivant : ” Maroc : Six jeunes poursuivis pour avoir voulu rompre le ramadan en public”.
L’expression “rompre le ramadan” n’est pas très claire, sans doute aurait-il fallu écrire plutôt “rompre le jeûne”, mais le rédacteur n’a sans doute pas voulu faire de fausse répétition entre “jeune” et “jeûne”.
Bref, le problème est ailleurs. La rupture du ramadan, comme celle du jeûne, se comprend aisément comme le fait, en fin de journée, d’entrer dans la période nocturne où l’on peut boire et manger, entrée qui se manifeste par un repas appelé iftar. Mais on ne sache pas que cette circonstance doivent obligatoirement se passer en privé, même si elle se déroule souvent dans le cercle familial.
D’où mon étonnement en lisant ce titre. En fait, il s’agit de bien autre chose, plus grave : des jeunes gens ont voulu réclamer publiquement le droit de ne pas faire le ramadan.
Encore un titre mal fagoté. J’ajoute que l’article se termine par un autre de ces tics dont Le Monde est coutumier : “Ce mouvement a été initié par…”
Rentrée…
Jeudi 3 septembre 2009Je notais avant-hier un des “tics” de langage du Monde, et voilà qu’aujourd’hui, en page 2 de ce numéro du mercredi 2 septembre, c’est Francis Marmande qui en parle.
F. Marmande est une de mes raisons de lire encore ce journal (une autre était Pessin, mais il n’y figure plus)… Que dit notre chroniqueur ? Qu’on emploie les mots à tort et à travers (et il cite d’ailleurs en passant une autre de mes admirations, Gérard Genette), mais que lui a pris le parti d’en rire, parfois en se moquant de son interlocuteur : « Comme tu dirais »… Cependant, il n’échappe pas à la dure loi du néologisme, et écrit à ce propos : “juste pour jouer”, utilisant “juste” là où “seulement” aurait suffi, comme je le notais déjà ici…
PS. Comme je le faisais remarquer dans l’avant-dernier billet de ce blog, on lit encore dans ce même numéro, en page 23, une critique de film (Les regrets de Cédric Kahn), dont l’auteur, Jean-François Rauger, ne nous parle (sauf le nom des acteurs et une référence à Truffaut) pas autrement que s’il s’agissait d’un roman ou d’une pièce de théâtre…
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